L’Ouïe Magazine 147 – ebook
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L’Ouïe Magazine n°147 – Avril 2026
Edito
La fin d’une exception ?
L‘audioprothèse a vécu, lors de l’expansion brutale du marché, une situation extrêmement atypique, avec une multiplication des centres, une pénurie de professionnels et une surenchère salariale sans précédent. Aujourd’hui, cette parenthèse semble se refermer, du moins partiellement. L’édition 2026 de notre baromètre dédié à l’emploi des jeunes audioprothésistes (page 30) et les témoignages que nous avons recueillis dans le cadre de notre dossier (page 34) le confirment : le rapport de force entre employeurs et candidats s’est inversé, notamment dans les grandes métropoles. Les rémunérations y ont reculé et certains jeunes diplômés doivent désormais patienter plusieurs mois avant de décrocher leur premier emploi.
L’audioprothèse cesse d’être une anomalie économique et se rapproche, en termes de maillage et d’emploi, des standards des professions de santé.
Ce mouvement est un vrai changement de paradigme pour notre secteur longtemps caractérisé par le plein emploi et des situations très confortables, parfois même qualifiées de rentes de situation. Il n’a cependant rien d’inquiétant, au contraire. Les experts l’interprètent en effet comme une normalisation : l’audioprothèse cesse d’être une anomalie économique. Le marché s’est caractérisé entre 2021 et 2023 certes par sa vitalité, mais aussi par son déséquilibre, avec des recrutements faits à la va-vite et de nombreuses dérives induites par les besoins des recruteurs. Aujourd’hui, comme dans la plupart des filières, de santé ou autres, les employeurs ont pour beaucoup retrouvé une capacité de sélection axée sur des critères qualitatifs, au-delà du seul diplôme en papier. Bien sûr, des disparités persistent, avec des territoires encore délaissés (petites communes, zones rurales), mais cette dualité est précisément celle que connaissent la plupart des professions de santé.
Avec cette nouvelle situation, qui devrait perdurer, le débat sur la régulation du métier reste ouvert. Il est intéressant de noter que le gouvernement, après avoir déclaré fin février son intention d’encadrer la publicité sur les aides auditives à la faveur du projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales, n’a finalement déposé aucun amendement en ce sens. D’ailleurs, pour l’heure, le texte n’intègre aucune disposition spécifique à l’audioprothèse (même si la filière sera impactée par les mesures générales prévues en matière d’accès des Ocam aux données de santé, voir notre article page 24). Serait-ce parce que la profession amorce une forme d’autorégulation ? C’est possible et souhaitable, en tout cas préférable à un encadrement (une ingérence ?) imposé par les financeurs privés du système de santé – Ocam et réseaux de soins – qui cherchent à exercer une influence croissante sur les pratiques professionnelles (voir notre édito dans L’Ouïe Magazine n° 146).








