Pour sa 17ème édition, la Journée nationale de l’audition (JNA), qui aura lieu le 13 mars, a réalisé, en partenariat avec l’Institut de sondage Ipsos Marketing et le Crédit Agricole, une enquête* sur le thème «Acouphènes et hyperacousie : quelles solutions ? Focus sur ses principaux résultats, présentés ce jour à la presse.
Premier enseignement : 1 Français sur 4,souffre d’acouphènes définitifs/permanents ou d’acouphènes chroniques, soit au total 16 millions de personnes, dont 1 sur 2 n’a jamais consulté. Seuls 33% d’entre eux ont consulté un médecin ORL, 23% un médecin généraliste, et 5% un médecin du travail, et 2% un audioprothésiste.
Il ressort également de l’enquête une méconnaissance des acouphènes et de l’hyperacousie : 12% ne connaissent pas le terme «acouphène» et pour 71% le terme «d’hyperacousie» est inconnu. Ils sont toutefois 47% à déclarer connaître une personne ou un proche qui souffre d’acouphènes, 12% d’hyperacousie et 6% à la fois d’acouphènes et d’hyperacousie.
Pour la majorité d’entre eux (62%), les acouphènes relèvent du fonctionnement du système auditif et 54% pensent que la cause la plus fréquente des acouphènes est un traumatisme sonore lié aux loisirs ou activités bruyantes. Quant aux troubles attribués aux acouphènes, ils portent à 81% sur des difficultés de concentration, à 78% sur des problèmes de compréhension, à 65% sur des troubles du sommeil, à 62% sur de l’anxiété et 50% sur des difficultés à accomplir des tâches quotidiennes.
L’enquête évalue également la gêne ressentie générée par les acouphènes : ils sont 88% à les considérer gênants, voire très gênants, et ils sont 86% chez les 16-34 ans. En terme de fréquence, ils sont 29% à avoir «vécu ce phénomène, mais cela a totalement passé», 53% des acouphéniques chroniques ont des sifflements ou des bourdonnements d’oreille «de temps en temps, mais cela passe» et 16% des acouphéniques définitifs/permanents déclarent en souffrir «fréquemment durant la journée», «fréquemment dans la nuit» et «fréquemment durant le jour et la nuit.»
Quid du comportement des acouphéniques ? 35% déclarent être plus irritables, 26% plus anxieux, 22% moins gais, 20% s’isolent plus des autres et 12% plus dépressifs. Ils sont 45% à déclarer que leurs acouphènes perturbent leur vie sociale et familiale.
Quelles sont les solutions ou thérapies recommandées en cas d’acouphènes ? Les traitements médicamenteux pour 30%, les aides auditives pour 7%, une intervention chirurgicale pour 4%, à noter qu’ils sont 53% à répondre : «rien.»
Et l’hyperacousie ? L’hyperacousie est encore plus méconnue que les acouphènes. Selon le Dr Martine Ohresser, médecin ORL, présente dans la salle, « l’erreur que font les personnes atteintes d’hyperacousie est de se protéger des bruits qui leur sont «insupportables » alors qu’il faut au contraire « rééduquer l’oreille » pour la réhabituer progressivement aux « sons normalement supportables ».
* Enquête réalisée on line du 10 au 17 février auprès de 900 personne, âgées de 16 à 75 ans constituant un échantillon représentatif de la population
Photo. De gauche à droite : François de Sars, directeur général adjoint de l’institut Ipsos Marketing, Pascal Feuillet, ORL, secrétaire général de l’association JNA, Roselyne Nicolas, secrétaire de l’association JNA et présidente de France Acouphènes ; Jean Stanko, président de l’association JNA, et Paul Zylberberg, vice président de l’association JNA.


