August 19, 2022

 

L’Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS) a mis au point Echoscan, un nouveau dispositif d’aide au diagnostic de la fatigue auditive qui permet de quantifier cette dernière avant qu’une perte auditive ne s’installe. En offrant une possibilité de dépistage précoce des effets du bruit en milieu professionnel, ce dispositif «pourrait révolutionner la prévention de la surdité au travail.» A ce jour, en France, plus de trois millions de salariés sont exposés à des bruits potentiellement nocifs sur leur lieu de travail.

 

Aujourd’hui, outre les mesures visant à supprimer ou réduire les risques liés à l’exposition au bruit, la prévention repose sur le suivi audiométrique des salariés exposés. Ce suivi, qui nécessite une cabine insonorisée et la collaboration active du sujet, permet d’évaluer l’audition et d’en mesurer les pertes déjà installées.

 

EchoScan se positionne, en amont, comme un outil complémentaire, permettant d’éviter d’en arriver à l’irréparable. «On ne dira plus au salarié “vous êtes sourd” mais “si vous continuez comme ça, vous allez devenir sourd”, affirme Pierre Campo, l’un des deux inventeurs d’Echoscan.

 

Le dispositif, simple d’utilisation, et qui tient dans le creux de la main, permet de mesurer le seuil de déclenchement des réflexes de l’oreille moyenne et interne. En effectuant une mesure avant et après une journée de travail, la différence obtenue permet d’évaluer la fatigue auditive qui, si elle est répétée, conduit à une perte d’audition. «Grâce à Echoscan, qui ne nécessite ni l’utilisation d’une cabine audiométrique, ni la participation active des salariés testés, on pourra mettre en évidence la dangerosité du milieu sonore dans lequel le salarié évolue», explique Thomas Venet, co-créateur d’Echoscan.

 

L’appareil a fait l’objet d’un dépôt de brevet de la part de l’INRS et l’entreprise Echodia le fabrique et le distribue. Enfin, si le dispositif est destiné dans un premier temps aux médecins du travail, une version experte sera déclinée pour les cliniciens. Echoscan pourrait ainsi ouvrir bien des perspectives dans d’autres champs que celui de la santé au travail.

 

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