August 9, 2022

 

Le documentaire « Complémentaires santé : inégalités assurés » diffusé le 27 janvier sur France 5 dans l’émission Enquête de santé dénonce sévèrement les dérives du secteur des Ocam, reconnues par Étienne Caniard (président de la Mutualité française) lui-même.

 

 

«Où sont passés les valeurs mutualistes vantées dans les publicités ?», s’interroge le reportage, qui souligne que les complémentaires santé sont devenues, au fil des désengagements successifs de la Sécurité sociale, un pilier du système de santé devenu quasiment indispensable. Ce documentaire dénonce notamment la complexité et l’opacité des contrats, qui paraissent souvent faussement avantageux compte tenu de leur formulation en pourcentage de la base de remboursement du régime obligatoire. Le journaliste Bruno Timsit rappelle que les premières victimes du système sont les plus âgés, en faisant témoigner un couple de retraités qui consacre chaque mois 13% de son budget total à sa complémentaire santé.

 

La faute aux assurances privées

 
«L’arrivée des grandes compagnies d’assurance a changé la donne” , explique le reportage en rappelant que, jusque dans les années 80, seules les mutuelles intervenaient sur ce marché et pratiquaient des tarifs identiques pour tous leurs adhérents. Mais elles se sont alignées sur les pratiques des assureurs pour ne pas perdre leurs clients les plus jeunes, attirés par les tarifs plus avantageux que leur proposaient la concurrence qui, elle, adapte ses tarifs à l’âge de l’adhérent. «L’acteur qui se comportera de façon vertueuse mourra économiquement”, reconnaît Étienne Caniard, président de la Mutualité française, en rappelant réclamer depuis plusieurs années la fixation de « règles rétablissant la solidarité » par les pouvoirs publics, qui doivent «organiser la concurrence.»
Dans ce contexte, le documentaire évoque le nombre croissant de Français qui sont 3 millions aujourd’hui à se passer de mutuelle, et les solutions mises en place : les réseaux, «proposés par une mutuelle sur deux», ou encore la création par certaines municipalités de complémentaires santé plus solidaires.

 

 
Les réseaux défendus

 
Dans le cadre du débat organisé à l’issue du documentaire, Guillaume Sarkozy, délégué général de Malakoff Médéric, et Marianne Binst, directrice de Santéclair, ont sans surprise vanté le principe des réseaux, rejetant le fait qu’il s’agit de soins «low-cost.» Interpellé par Christian Saout, secrétaire général du CISS (Collectif interassociatif), sur le montant des cotisations, Guillaume Sarkozy a entre autre promis de réinjecter dans les contrats les économies qui seront réalisées via les plafonnements de prise en charge pour l’optique et les dépassements d’honoraires : «j’en prends l’engagement formel”, a-t-il déclaré.

 

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