August 12, 2022

 

La CNSD (Confédération nationale des syndicats dentaires) estime que Santéclair mène une «politique de dénigrement à l’encontre des chirurgiens-dentistes non affiliés à son réseau.»

 

 

 

La CNSD rappelle que l’avis favorable délivré par l’Autorité de la concurrence le 12 février 2009 sur l’effet pro concurrentiel des réseaux de soins «n’est pas un passe-droit, autorisant toutes les pratiques.» Selon le syndicat, Santéclair «détruit la relation de confiance entre les chirurgiens-dentistes et leurs patients » en menant une « véritable politique de dénigrement des chirurgiens-dentistes non affiliés, par toutes les voies de communication possibles (téléphone, réseaux sociaux, presse écrite, télévision).» La CNSD affirme notamment que, lors de l’envoi d’un devis questionnant sur la prise en charge, «le chirurgien-dentiste traitant est systématiquement critiqué sur ses honoraires pour détourner son patient vers un partenaire de Santéclair.»

 

 

 
Le syndicat souligne également que la plateforme promeut les praticiens adhérents à son réseau par tous les moyens possibles, «alors que la publicité est interdite aux chirurgiens-dentistes.» «Les effets anticoncurrentiels de cette entente et de cette stratégie de dénigrement affectent un grand nombre de chirurgiens-dentistes libéraux qui subissent des pertes significatives de chiffre d’affaires. Après avoir tenté, sans résultats, de mettre fin à ces pratiques déviantes par la voie du dialogue, la CNSD a donc saisi l’Autorité de la concurrence le 30 avril 2015 en lui demandant de condamner ces agissements», explique la CNSD.

 

 

 
Cette procédure est un nouvel épisode dans le conflit qui oppose Santéclair aux dentistes. Fin janvier, c’est en effet la plateforme qui avait assigné la FSDL, un autre syndicat dentaire, au TGI de Paris, en lui demandant 100 000 euros et la cessation de la campagne de boycott dont elle s’estime l’objet. Plus tôt, en 2011, la Cour de cassation a par ailleurs confirmé une décision de l’Autorité de la concurrence de 2009 à l’encontre du Conseil national de l’Ordre des chirurgiens-dentistes (CNOCD) et de plusieurs ordres départementaux, en jugeant que faire pression sur des praticiens pour qu’ils quittent le réseau ou n’y adhèrent pas est une pratique assimilable au boycott.