August 16, 2022

 

Le CISS, un collectif de santé regroupant plus de 40 associations d’usagers, dénonce comme des « solutions dangereuses » le démantèlement du numerus clausus et le découplage de la vente et du suivi. Une prise de position saluée par l’Unsaf.

 

Dans une adresse aux pouvoirs publics, étayée par une note d’étude (à télécharger ici), le CISS (Collectif interassociatif sur la santé) commence par regretter qu’« il subsiste des restes à charge élevés pour un trop grand nombre de personnes, malgré les efforts conduits dans certains réseaux de soins assurantiels ». L’association invite par ailleurs « à se méfier des solutions visant à libérer le numerus clausus dans une perspective de régulation des prix par l’augmentation de la concurrence ». Citant l’optique comme un « anti-modèle désastreux », le collectif estime que « les effectifs d’audioprothésistes croissent avec le volume de prescription et, hors cas particuliers, il n’est pas observé de difficultés d’accès aux laboratoires d’audioprothèse ».

 

Risques d’inflation

 

Le CISS dénonce avec la même fermeté l’hypothèse d’un découplage des prestations de vente et de suivi : connue pour « ses effets inflationnistes, du fait du paiement à l’acte qui en découlerait pour les consultations de suivi, une telle mesure exposerait les patients, d’un côté, au prix d’un appareil plus ou moins bien remboursé, et de l’autre côté, au renoncement à un suivi qui ne serait pas pris en charge ». L’association de patients conclut son adresse en proposant un ensemble de cinq mesures « pour affronter un défi de santé publique ».

 

Les 5 mesures préconiséés par le CISS

 

1. Définir des prix limite de vente (PLV) pour tous dispositifs médicaux remboursables correspondant aux bases de remboursement de l’Assurance maladie.

2. Augmenter le taux de remboursement des audioprothèses par l’Assurance maladie.

3. Augmenter le plancher de prise en charge par les organismes complémentaires d’assurance maladie.

4. Garantir au patient, quel que soit son lieu de vie (domicile, EPHAD…) un droit au suivi sur place ou à distance.

5. Mettre en œuvre des sanctions contre les pratiques commerciales trompeuses sur les prix de l’audioprothèse.