August 18, 2019

Le conseiller d’Etat, qui a été auditionné par le gendarme de la concurrence, estime que l’avis rendu en décembre dernier reconnaît la valeur de l’opérateur et de l’adaptation.

 

« J’ai trouvé l’avis de l’Autorité de la concurrence très équilibré, tant sur la question du modèle économique que sur le numerus clausus », a estimé Lionel Collet, ORL, conseiller d’Etat et président du conseil d’administration de l’Agence de santé publique, en réponse à nos questions. Selon lui, l’Autorité ne recommande pas une dissociation pure et simple entre la vente et l’adaptation : « Elle envisage un découplage, c’est-à-dire une différenciation entre d’une part la vente et la première adaptation, correspondant à la première année, et d’autre part les années suivantes. Cette approche reconnaît que l’efficacité de l’appareillage dépend de l’opérateur et de l’adaptation. C’est une bonne mesure en termes de santé publique. » Quant au numerus clausus, Lionel Collet indique sa préférence non pour sa suppression mais pour son évolution en fonction de celle du marché. « C’est aussi un enjeu de santé publique : quel est le nombre minimum de prothèses qu’un audioprothésiste doit adapter par an pour maintenir un niveau de pratique et d’entraînement suffisant ? Il est nécessaire de réguler la profession pour garantir que chaque professionnel adapte un nombre annuel d’appareils au moins égal à ce nombre minimum, et on ne sait le faire que par l’entrée dans le métier : il est donc souhaitable que le numerus clausus varie proportionnellement à l’évolution du marché. » En guise de conclusion, le conseiller d’Etat s’est montré plutôt optimiste sur le futur de la profession : « Elle a beaucoup d’avenir, mais elle doit encore réfléchir sur la durée de la formation, les compétences supplémentaires qu’elle pourrait intégrer et le devenir de son modèle économique à l’heure de la distribution de produits de santé par internet et des nouvelles technologies qui pourront impacter grandement l’outil actuel d’audioprothèse. »