August 20, 2022

 

Dans un entretien accordé à l’Argus de l’Assurance, Thierry Beaudet, président de la Mutualité française, formule ses attentes envers le prochain Président de la République, qui tournent autour de la réduction du reste à charge et de l’organisation du système de santé.

 

A l’approche de l’échéance électorale, Thierry Beaudet se préoccupe surtout de savoir comment le futur chef de l’Etat et son gouvernement entendront maîtriser le reste à charge des patients, qui atteint aujourd’hui 17 milliards d’euros tous postes confondus. Outre les dépassements d’honoraires, les principaux domaines concernés sont bien sûr les soins dentaires, l’optique et l’audioprothése, sur lesquels « il y a longtemps que nous ne sommes plus des complémentaires mais le payeur principal », souligne le président de la Mutualité, en ajoutant que les Ocam ont financé en 2015 « 26 milliards de frais de soins, contre 15 milliards en 2001, soit 80% d’augmentation payée par les cotisations des assurés ».

 

Alors que de nombreux candidats à l’élection présidentielle promettent un reste à charge zéro ou presque (voir le dossier de L’Ouïe Magazine n°75), Thierry Beaudet indique qu’un tel objectif ne pourra être atteint que « par l’addition des régimes obligatoires et complémentaires, ce qui exige de nous donner des moyens nouveaux afin de s’accorder avec les professionnels sur le tarif des actes et agir sur le niveau des dépenses.  On ne peut pas faire croire aux Français qu’il sera possible de toujours payer plus ».

 

Concernant l’organisation du système de santé, il attend des propositions pour répondre aux problématiques des déserts médicaux, du non remplacement des médecins retraités et des délais d’attente. Le patron de la Mutualité, soulignant que les taxes sur les Ocam sont passées de 2,5% à 13,27% entre 2008 et 2012, demande une modulation des taxes liée à des pratiques solidaires ou, « a minima, une pause d’autant plus qu’il y a confusion entre régulation et réglementation. Nous sommes favorables à un cadre de régulation qui fixe des règles, mais laisse aux acteurs une liberté d’action et d’initiative. Ce n’est pas la situation actuelle. On a une réglementation tatillonne du panier de soins. C’est insupportable. »