June 26, 2022

 

 

La fédération des étudiants en audioprothèse (Fnea) émet les plus grandes réserves sur un cursus ouvert aux opticiens par Progress Santé (école privée préparant au BTS opticien lunetier et à des concours paramédicaux). Il leur permettrait d’obtenir le diplôme d’audioprothésiste via un partenariat avec l’université Europea de Madrid.

 

Sur son site, Progress Santé propose à des opticiens, en nombre limité, de bénéficier à partir d’octobre prochain, dans ses locaux parisiens, d’un « accompagnement dans la préparation du diplôme d’audioprothésiste de l’université Europea de Madrid dans le cadre d’un partenariat exclusif. Ces cours de soutien s’adressent à des personnes en activité qui souhaitent effectuer une reconversion professionnelle et qui s’inscrivent à l’Université Europea de Madrid en formation semi-présentielle ». Si l’on comprend bien, cette offre consisterait en un suivi permettant à des opticiens inscrits en audioprothèse à l’université madrilène partenaire de maximiser leurs chances de réussite. Il est précisé : « Les personnes inscrites dans ce programme semi-présentiel devront néanmoins effectuer l’enseignement pratique à Madrid ».

Une « volonté de contourner le numerus clausus »

Dans le contexte d’une future réforme de la formation des audioprothésistes en France, la Fnea a publié un communiqué argumenté pour s’opposer à « cette nouvelle forme grossière de préparation au diplôme d’État d’audioprothésiste ». Elle encourage « l’établissement Progress Santé à reconsidérer ce nouveau partenariat (avec l’université Europea de Madrid, ndlr), afin d’éviter à leurs futurs étudiants un avenir incertain face à une possible pratique illégale. La volonté de contourner la modalité du numerus clausus est un affront à l’égalité des chances pour l’obtention du diplôme d’audioprothésiste. Le choix d’intégrer uniquement des opticiens dans ce cursus en devient plus que inégalitaire. » La fédération étudiante cite explicitement une formation privée d’odontologie, condamnée par la Justice française à fermer ses portes en 2016, faute d’avoir obtenu l’agrément obligatoire.

Une équivalence incontournable

La Fnea procède également à d’utiles rappels. L’obtention du diplôme dans un pays de l’Union européenne nécessite une équivalence pour exercer en France, qui « s’obtient sur 1 an avec 6 mois de stage dans un cabinet d’audioprothésiste diplômé d’état , 3 mois en service ORL d’un centre hospitalier universitaire, 2 semaines chez un fabricant d’appareils auditifs et 2 semaines dans un institut gérontologique. Après chaque stage, un rapport d’évaluation est présenté. Avant validation de l’équivalence, l’ensemble des rapports est soumis à la Commission régionale d’autorisation d’exercice (CRAE) qui donne son accord ou non. La décision préfectorale (DRJSCS) intervient après avis de la commission. » Elle ajoute que « la formation à l’obtention du D.E. d’audioprothèse en France est actuellement de 3 ans à temps complet, alors que ce nouveau type de formation propose aux opticiens seulement une journée de formation hebdomadaire sur 2 ans ».