December 11, 2018

Le 23e Enseignement post-universitaire débute demain au centre des congrès de la Villette à Paris. François Le Her, élu à la tête du CNA en juin dernier, nous en dit plus sur le programme.

 

Sur le thème “De la perception à la compréhension : applications prothétiques”, quel sera le menu de cet EPU ?

Le programme abordera en détail la gradation qui va de la perception d’un signal à son intelligibilité et les examens à réaliser pour cerner le niveau du patient pour chacune de ces étapes. Celles-ci sont principalement : l’identification d’un signal sensitif comme acoustique, la capacité à discriminer le bruit / la musique / la parole, la faculté de reconnaître une langue, qui fait déjà appel à des notions mnésiques ou culturelles, et enfin la compréhension. L’intelligibilité dépend d’acquisitions culturelles stockées dans la mémoire. Nous voulons bien caractériser ce mécanisme à la fois chez la personne normo-entendante et chez les malentendants.

Pourquoi ce sujet vous a-t-il semblé pertinent ?

Il y a, d’une part, l’évolution des implants, qu’ils soient cochléaire ou du tronc cérébral : ils peuvent restaurer une perception auditive sans permettre toujours l’accès à l’intelligibilité. Mais surtout, le CNA est en train de travailler sur les questionnaires d’efficacité prothétique qui doivent être mis en place dans le cadre du ‘‘100 % santé’’. Il faudra départager les patients présentant des troubles pouvant perturber les résultats au plan de l’intelligibilité, comme une maladie d’Alzheimer ou une pathologie neurologique, de ceux qui ont toutes les possibilités d’avoir une amélioration de leur compréhension. Cela nécessitera de distinguer la réhabilitation tonale de la réhabilitation vocale et de comparer cette dernière au pronostic établi en amont et à l’intelligibilité vocale sans prothèse. L’évaluation du travail de l’audioprothésiste devra intégrer une différenciation selon les typologies de patients.

Quelles sont les nouveautés 2018 ?

Stéphane Gallégo, qui s’occupe de la commission du CNA chargée de l’EPU, a imaginé un nouveau système pour les conférences. Chacune d’entre elle sera conduite par un enseignant chercheur de haut niveau, du CNRS par exemple, qui décrira le fonctionnement des sujets normo-entendant et malentendant, et par deux membres du collège qui traiteront les applications prothétiques. Cette méthodologie permet de concilier la recherche, les aspects théoriques et leurs implications pratiques.

 

 

Retrouvez l’interview en intégralité dans le prochain numéro de L’Ouïe Magazine.