Dans une tribune publiée dans le quotidien Le Soleil, les représentants de plusieurs organisations d’audiologistes et d’orthophonistes formulent une liste de doléances aux pouvoirs publics du Québec. Ils demandent une libéralisation plus poussée du marché de l’audioprothèse sur le modèle américain. Soulignant que 10 % de la population québécoise souffrent d’une déficience auditive permanente mais que seuls 20 % d’entre eux sont appareillés, les signataires de la tribune* souhaitent aligner la législation de la province sur celle des Etats-Unis, qui a récemment autorisé la vente d’aides auditives OTC (Over The Counter) sans ordonnance : « Les audiologistes du Québec sont d’avis que l’arrivée de cette nouvelle gamme de produits permettrait aux personnes de comparer les prix, d’explorer leurs options et de prendre en charge la gestion de leur santé auditive. On parle ici d’un impact majeur sur l’accessibilité. Les gouvernements fédéral et provincial doivent légiférer rapidement pour assurer leur disponibilité au Canada et au Québec, tout en encadrant leur utilisation pour assurer la protection du public », argumentent-ils (pourtant, sur le 1er trimestre 2023, seuls 13 000 OTC se sont vendus aux Etats-Unis). Pour améliorer la compétitivité du marché et faire baisser le prix des aides auditives, les audiologistes demandent en outre le droit de les vendre et de les adapter, ce qui est réservé aux audioprothésistes. Les auteurs de la tribune souhaitent en parallèle une plus grande transparence tarifaire, avec l’obligation d’afficher l’ensemble des composantes des prix et de présenter clairement les avantages techniques des différents modèles. Enfin, les organisations plaident pour une amélioration du programme de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) qui, contrairement aux idées reçues, « ne sont pas de mauvaise qualité comparativement à des modèles dits ‘haut de gamme’ » et « peuvent très bien convenir à une grande partie de la population ayant une déficience auditive ». Elles estiment que ce programme, qui ne propose aujourd’hui qu’un appareillage monaural, doit être réformé pour répondre aux besoins actuels. « Les problèmes d’accessibilité aux appareils auditifs sont grands et il faut y pallier sans plus attendre. Des solutions existent pour améliorer durablement la santé auditive de centaines de milliers de personnes et aider à prévenir l’apparition de problèmes de santé évitables. Il est temps pour les autorités gouvernementales d’agir ! », conclut la tribune. * Paul-André Gallant, M.P.O., orthophoniste, président de l’Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec ; Gisèle Tassé-Goodman, présidente du Réseau FADOQ, qui défend les intérêts des séniors ; Valérie Giguère, orthophoniste, présidente de l’Association québécoise des orthophonistes et audiologistes ; Marie-Ève Beaulieu, audiologiste et représentante en audiologie, Association québécoise des orthophonistes et audiologistes.

Publié le 24/05/2023

Dans une tribune publiée dans le quotidien Le Soleil, les représentants de plusieurs organisations d’audiologistes et d’orthophonistes formulent une liste de doléances aux pouvoirs publics du Québec. Ils demandent une libéralisation plus poussée du marché de l’audioprothèse sur le modèle américain. Soulignant que 10 % de la population québécoise souffrent d’une déficience auditive permanente mais que seuls 20 % d’entre eux sont appareillés, les signataires de la tribune* souhaitent aligner la législation de la province sur celle des Etats-Unis, qui a récemment autorisé la vente d’aides auditives OTC (Over The Counter) sans ordonnance : « Les audiologistes du Québec sont d’avis que l’arrivée de cette nouvelle gamme de produits permettrait aux personnes de comparer les prix, d’explorer leurs options et de prendre en charge la gestion de leur santé auditive. On parle ici d’un impact majeur sur l’accessibilité. Les gouvernements fédéral et provincial doivent légiférer rapidement pour assurer leur disponibilité au Canada et au Québec, tout en encadrant leur utilisation pour assurer la protection du public », argumentent-ils (pourtant, sur le 1er trimestre 2023, seuls 13 000 OTC se sont vendus aux Etats-Unis). Pour améliorer la compétitivité du marché et faire baisser le prix des aides auditives, les audiologistes demandent en outre le droit de les vendre et de les adapter, ce qui est réservé aux audioprothésistes. Les auteurs de la tribune souhaitent en parallèle une plus grande transparence tarifaire, avec l’obligation d’afficher l’ensemble des composantes des prix et de présenter clairement les avantages techniques des différents modèles. Enfin, les organisations plaident pour une amélioration du programme de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) qui, contrairement aux idées reçues, « ne sont pas de mauvaise qualité comparativement à des modèles dits ‘haut de gamme’ » et « peuvent très bien convenir à une grande partie de la population ayant une déficience auditive ». Elles estiment que ce programme, qui ne propose aujourd’hui qu’un appareillage monaural, doit être réformé pour répondre aux besoins actuels. « Les problèmes d’accessibilité aux appareils auditifs sont grands et il faut y pallier sans plus attendre. Des solutions existent pour améliorer durablement la santé auditive de centaines de milliers de personnes et aider à prévenir l’apparition de problèmes de santé évitables. Il est temps pour les autorités gouvernementales d’agir ! », conclut la tribune. * Paul-André Gallant, M.P.O., orthophoniste, président de l’Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec ; Gisèle Tassé-Goodman, présidente du Réseau FADOQ, qui défend les intérêts des séniors ; Valérie Giguère, orthophoniste, présidente de l’Association québécoise des orthophonistes et audiologistes ; Marie-Ève Beaulieu, audiologiste et représentante en audiologie, Association québécoise des orthophonistes et audiologistes.

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