Dans un contexte de débats sur l’évolution des pratiques (délégations de tâches, lutte contre la fraude…), la 46ème édition du Congrès des audioprothésistes, les 19 et 20 mars, entend consolider son socle tout en repensant son modèle, pour maintenir dans la durée sa fréquentation et la satisfaction des participants.
Cette nouvelle édition mise à la fois sur le politique et le scientifique, en accordant une place centrale à la Société scientifique d’audioprothèse, et sur la valorisation du rôle des assistantes, que le SDA veut sortir de l’ombre. Entretien croisé avec Brice Jantzem, président du syndicat, et Stéphane Gallego, vice-président.
Comment se présente le Congrès 2026 ?
Stéphane Gallego : Il réunira cette année un peu plus d’une quarantaine d’exposants. Comme l’année dernière, les fabricants ont répondu présent et l’offre en produits et services est variée, avec des assureurs, des éditeurs de logiciels, etc. Compte tenu du nombre d’inscrits en amont, la fréquentation devrait être comparable à celle de 2025, à savoir environ 1 800 visiteurs, dont 1 200 audioprothésistes. Comme l’année dernière, on remarque l’absence de plusieurs grandes enseignes.
Quel est l’impact de ces désaffections ?
Brice Jantzem : Effectivement, suite à des divergences de positions avec le SDA, les membres du Synea ont fait le choix de ne pas être présents au Congrès. Mais il ne faut pas oublier qu’à l’origine, seuls les fabricants exposaient ! La surface est certes réduite, mais notre budget est à l’équilibre. Nous avons cependant repensé le programme à l’aune de cette évolution. La nouvelle SSA – Société scientifique d’audioprothèse – organise une demi-journée de conférences avec des personnalités de tous bords (voir encadré dans la colonne de droite), c’est un évènement particulièrement fédérateur. Sur la durée, nous sommes dans une phase de transition et réfléchissons à faire évoluer notre approche afin de rester attractifs pour les acteurs de la filière. Le Congrès est gratuit et nous souhaitons qu’il le reste. Il s’agirait par exemple de se regrouper avec d’autres congrès de plus petite taille, comme celui de la SFA, car les audios ont de moins en moins de temps à consacrer à ces rencontres. Nous envisageons aussi un rapprochement avec des fabricants qui pourraient intégrer leur roadshow au Congrès. Cela leur faciliterait la tâche compte tenu des importantes contraintes de la loi anti-cadeaux et leur permettrait de toucher les étudiants, toujours nombreux au Congrès grâce à notre lien avec Fnea.
80 assistant·es s’étaient inscrit·es à la journée dédiée en 2025.
Hormis les interventions de la SSA, quels seront les temps forts ?
S.G. : Il y aura bien sûr les deux tables rondes organisées par le SDA le jeudi matin : l’une sur le bilan à 5 ans du 100 % santé, l’autre sur la valorisation de la compensation du déficit auditif. De manière générale, le programme est d’ailleurs assez politique, avec des conférences sur des sujets très importants sur lesquels il est crucial d’éviter les dérives, comme l’appareillage hors centre, la téléconsultation, l’évolution de la nomenclature… Côté scientifique, outre la SSA et les formations DPC données par Audioforméa et Next Step Academy, nous dévoilerons un nouveau test dans le bruit, qui est le fruit d’un travail de 5 ans, beaucoup plus rapide que ceux qui existent : il suffira de 5 minutes par oreille, contre 40 minutes habituellement, pour poser ou pas l’indication d’une prescription d’aide auditive. Nous allons le donner à tous, y compris aux ORL. C’est une réponse aux “pseudo tests” spécifiques à une marque que nous voyons arriver dans le secteur, qui ne sont pas scientifiquement validés et qui peuvent constituer une forme de concurrence déloyale.




