Une revue de littérature* nuance l’idée que la réhabilitation auditive préserverait les fonctions cognitives chez les personnes âgées atteintes de presbyacousie. Elle montre bien, cependant, des bénéfices pour les personnes appareillées.
Le lien entre perte auditive et déclin cognitif est au cœur de nombreux arguments en faveur de l’appareillage précoce. C’est ce postulat que des chercheurs de l’école de médecine de l’université Zhejiang à Hangzhou, en Chine, ont à nouveau exploré. Leur méta-analyse porte sur les effets des interventions auditives avec des aides auditives ou des implants cochléaires, sur la cognition des patients presbyacousiques.
Les auteurs ont passé au crible 3 bases de données (PubMed, Embase, Web of Science) jusqu’en juin 2025, en ne retenant que les essais cliniques randomisés et les études de cohorte ayant utilisé des échelles ou tests cognitifs standardisés. 19 ont été intégrés à l’analyse quantitative.
Une première méta-analyse, comparant les résultats des patients avant et après appareillages (17 études, 1 562 patients), fait apparaître une amélioration de 4 % des scores cognitifs. Un résultat qui pourrait sembler encourageant, mais que la seconde méta-analyse vient nuancer significativement. Lorsque l’on compare les patients appareillés à des groupes contrôles non traités (4 études, 815 patients vs 7 450 personnes témoins), le bénéfice cognitif de l’intervention auditive n’est plus statistiquement significatif.
Les auteurs concluent que les données contrôlées disponibles ne permettent pas d’affirmer avec certitude que les interventions auditives préservent ou améliorent la fonction cognitive chez les personnes âgées presbyacousiques, en général. Ils soulignent notamment l’absence de groupe contrôle dans de nombreuses études et le fait que l’amélioration, réelle, constatée chez les patients appareillés peut être liée à un effet d’entraînement. D’autres recherches et essais cliniques sont donc nécessaires pour évaluer le bénéfice cognitif spécifique de la réhabilitation auditive.


