Implants cochléaires : le Georric met en lumière 30 années de progrès

Publié le 10/04/2026

Pour ses 30 ans, le Groupe d’étude sur l’optimisation de la rééducation et des réglages de l’implant cochléaire (Georric) a réuni 200 professionnels impliqués dans la prise en charge des personnes implantées… Un collectif de passionnés, témoins privilégiés de cette révolution technologique et médicale encore en marche.

Le congrès anniversaire du Georric a très logiquement été l’occasion d’une rétrospective, à la fois de ce qu’a permis l’association et des évolutions prodigieuses dans la prise en charge des patients. « Les 30 ans sont l’occasion de mettre en lumière l’équipe de Bordeaux, l’association elle-même et ses bénévoles, a souligné son président, l’audioprothésiste Antoine Bourgeois. Le Georric est singulier dans le panorama des associations et des sociétés savantes. Dans le domaine des implants, on sait que la réussite ne vient pas d’une seule expertise, elle naît de la rencontre, de l’échange, des regards croisés entre médecins, orthophonistes, psychologues, audioprothésistes, ingénieurs et industriels, pour offrir aux patients le meilleur parcours de soin possible. » En effet, il a été fondé en 1996 par des professionnels de santé paramédicaux, principalement audioprothésistes et orthophonistes, qui découvraient les réglages d’implants, encore très peu répandus, et avaient besoin d’échanger sur leurs questionnements – comment vérifier objectivement la bonne adaptation des réglages sur les enfants ? – leurs découvertes.

Faire progresser l’implantologie, pour les patients

Les membres du Georric ont fait beaucoup pour améliorer les prises en charge non seulement des enfants mais de toute la famille. La collaboration entre les équipes de Montpellier, Toulouse et Bordeaux, a permis dès l’origine des avancées, pour mettre au point des tests maintenant utilisés en routine comme le TEPPP (Test d’évaluation des perceptions et productions de la parole). Les progrès du suivi pluridisciplinaire post-implantatoire ont accompagné ceux des technologies : miniaturisation, traitement du signal, etc. Et les congrès annuels du groupe ont élargi les thématiques traitées pour coller aux besoins du terrain : écoute de la musique par les patients implantés, compréhension dans le bruit… Ni la pratique – les spécificités des prises en charge pour les patients atteints de surdités unilatérales implantés, l’utilité du test au promontoire, entre autres – ni les aspects fondamentaux n’ont été laissés de côté : le Pr Puel et Jérôme Bourien, maître de conférences à l’université de Montpellier, sont venus présenter des communications pointues sur les impacts des synaptopathies cochléaires.

Se préparer aux nouveaux défis

Le programme retenu pour le congrès 2026 est le reflet de cette volonté de coller au terrain et à l’actualité, mais aussi des connexions internationales nouées par le Georric au fil du temps. Les espoirs et les interrogations concernant les essais de thérapie génique ont occupé la matinée. Le lien ne saute pas aux yeux des néophytes mais l’alternative est déjà dans la tête de tous les parents d’enfants sourds porteurs d’une mutation génétique éligible : implants ou protocole expérimental ? Les spécialistes restent plus que prudents quant à ces nouveaux traitements, évidemment prometteurs mais dont les conclusions sont devant nous. Le Pr Paul Avan, directeur du Ceriah, s’est montré très critique à l’égard des publications chinoises, trop imprécises et imprudemment reprises par la presse grand public. La Pr Nathalie Loundon, directrice du Centre de recherche en audiologie pédiatrique à l’hôpital Necker-Enfants Malades (AP-HP), a fait un point d’étape sur l’essai Audiogene (dont elle est l’investigatrice principale), son cadre éthique, et des premiers résultats, réels mais qui restent « ténus », pour l’instant. Une nouvelle phase de l’essai doit débuter prochainement.

« Nous sommes très heureux de réunir tous ces gens qui sont des références pour le secteur. Le collectif créé par les fondateurs du Georric est hyper soudé, le bureau actuel fait la transition avec des professionnels plus jeunes. Aujourd’hui, les écoles d’audioprothèse abordent de plus en plus l’implant. Et les audioprothésistes, même s’ils ne sont pas régleurs eux-mêmes sont de plus en plus confrontés au sujet, aux questions des patients sur les indications, les accessoires… » Antoine Bourgeois

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