Le cabinet d’études Gallileo publie la toute dernière édition de son baromètre* consacré aux porteurs d’aides auditives. Réalisée auprès de 425 personnes appareillées, cette enquête, enrichie de nouvelles questions par rapport aux précédentes années, dresse un état des lieux détaillé de leurs pratiques, perceptions et attentes.
Le baromètre 2026 montre une expérience très positive des sondés vis-à-vis de leur équipement et du centre d’audioprothèse qui les a conseillés : 88 % déclarent que les aides auditives ont eu un impact positif sur leur qualité de vie (très positif pour 26 %). Cette satisfaction est encore plus marquée chez les patients familiarisés avec l’appareillage : 94 % des porteurs en renouvellement déclarent un impact positif, contre 83 % des primo-appareillés. Par ailleurs, les répondants portant systématiquement et quotidiennement leurs aides auditives sont 96 % à rapporter une amélioration de leur qualité de vie (contre 93 % pour ceux qui les portent dans certaines situations du quotidien et 65 % pour ceux qui ne les portent pas tous les jours).
La satisfaction vis-à-vis du centre audio est également très élevée, à 93 %. Les meilleurs scores concernent la propreté et l’hygiène des centres (9/10), la qualité relationnelle (8,9/10), ainsi que les compétences de l’audioprothésiste et l’accompagnement patient (ex-aequo à 8,7/10). Cette satisfaction se traduit dans les intentions de rééquipement : 86 % des patients envisagent de retourner dans le même centre pour le renouvellement (61 % le feront de façon certaine).
Un parcours d’appareillage toujours perfectible
Malgré ces retours positifs, seuls 16 % des répondants déclarent avoir entrepris cette démarche dès l’apparition des troubles auditifs. 48 % disent avoir attendu quelque temps et 33 % ont repoussé le plus loin possible le moment de s’équiper. L’étude explique ces reports par le poids des représentations sociales autour des aides auditives : 42 % des répondants déclarent qu’il leur a été difficile d’accepter l’idée d’en porter, 50 % associent cette perspective au vieillissement, 38 % estiment que l’appareillage a modifié la perception qu’ils avaient d’eux-mêmes (en affectant leur image et leur confiance en eux).
Parmi les personnes ayant retardé au maximum leur appareillage, les principales raisons invoquées sont : l’inconfort perçu du port d’aides auditives (46 %), la réticence à les porter en public (38 %) et le coût perçu comme trop élevé (34 %).
Avec le recul, les patients identifient plusieurs éléments qui auraient pu les inciter à s’équiper plus tôt. Le premier est économique : 58 % des répondants estiment qu’un coût plus accessible aurait favorisé un appareillage plus précoce (levier n°1 pour 28 %) ; 44 % déclarent qu’une meilleure connaissance des bénéfices de l’appareillage aurait pu accélérer leur décision.
L’analyse de Gallileo : « Pour favoriser un appareillage plus précoce / rapide des patients, il est essentiel de ‘normaliser’ le port d’aides auditives à des âges plus jeunes, afin que la décision de s’appareiller devienne une décision proactive pour favoriser sa qualité de vie. Cela passe notamment par la ‘banalisation’ de modèles et représentations plus jeunes auprès du grand public, dans les communications / publicités / retours d’expérience patients. Cela passe également par de l’information et de la pédagogie, pour faire du test auditif un réflexe (comme les tests de vue) pour tous, et de la décision de s’appareiller un choix positif qui améliore la qualité de vie au quotidien (et non une réalité qui s’impose quand on ne peut plus faire autrement). »
Des enjeux d’usage et d’accompagnement au quotidien
Près d’un quart des patients n’utilisent pas leurs aides auditives quotidiennement. Les freins évoqués sont principalement l’inconfort (48 %), l’oubli / le manque d’habitude (25 %), ou le sentiment de ne pas en avoir réellement besoin (25 %). Ces situations concernent davantage les primo-appareillés (39 %), les patients plus jeunes (37 % des 70 ans et moins) et les personnes équipées en classe 1 (28 %).
L’analyse de Gallileo : « Favoriser la bonne utilisation est un levier au service de la bonne expérience et de la satisfaction des porteurs. L’hétérogénéité des pratiques mise en évidence dans l’étude rappelle à quel point leur accompagnement dans la familiarisation avec leurs aides auditives est essentielle, notamment auprès des primo-appareillés et des plus jeunes. Le rôle pédagogique et de conseil des audioprothésistes, déjà pleinement reconnu par les patients, est clé pour adresser cet enjeu. »
La notoriété des enseignes pèse dans le choix du centre
Pour 74 % des répondants, la notoriété et l’image de l’enseigne constituent un critère de poids, voire décisif (pour 17 %), pour choisir un centre. L’étude a évalué les perceptions associées aux principaux acteurs du marché sur des dimensions telles que l’expertise technique, le capital confiance, le suivi patient, l’innovation produit ou encore le rapport qualité-prix. Présentée par Gallileo comme un outil essentiel pour les enseignes et groupements, elle cerne également la manière dont les porteurs appréhendent le fait de pouvoir s’appareiller au sein de réseaux mixtes optique-audition.
* Gallileo a interrogé 425 porteurs d’aides auditives via une enquête en ligne nationale déployée en avril 2026. L’échantillon se compose de 45 % de femmes et 55 % d’hommes. L’âge moyen est de 73 ans (80 % de plus de 70 ans). Les répondants sont répartis sur tout le territoire hexagonal et présentent différents niveaux de perte auditive (24 % perte légère, 42 % perte modérée, 22 % perte sévère, 3 % perte profonde). 55 % sont en situation de primo-appareillage et 45 % en situation de renouvellement.


