Infographie Ameli
Pour faire des économies sur les dépenses de santé, le gouvernement envisage non seulement de nouveaux transferts de charges de l’Assurance maladie obligatoire vers les complémentaires santé (notre article ici), mais aussi une augmentation des restes à charge pour certains soins, médicaments et dispositifs médicaux.
Des restes à charge qui vont augmenter
Plusieurs projets de décrets rédigés par le ministère de la Santé ont été transmis à la Cnam pour avis. Ceux-ci contiennent notamment des mesures conduisant à remonter le plafond des franchises médicales. Les sommes maximales restant à payer par les assurés sociaux pourraient ainsi passer de 100 à 200 euros. Pour rappel, elles sont actuellement de 50 euros pour les médicaments (1 euro par boîte jusqu’à 50 boîtes) et de 50 euros pour la participation forfaitaire (2 euros par consultation jusqu’à 25 consultations). Les syndicats de médecins généralistes ont qualifié le doublement du plafond de « taxe sur les plus malades ».
Par ailleurs, les projets de décrets prévoient un relèvement du ticket modérateur sur les soins dentaires (dont la prise en charge avait déjà été abaissée en 2023), les médicaments, les dispositifs médicaux et les transports sanitaires. Le détail exact de chaque mesure est en cours d’examen par la Cnam, mais le gouvernement envisagerait des taux de pris en charge par l’AMO inférieurs à 50 % pour certains dispositifs médicaux comme les pansements, par exemple.
Les LDS demandent le retrait
Ces différentes réflexions et annonces ont provoqué de vives réactions des organisations professionnelles de médecins et de paramédicaux. Les Libéraux de santé, dont le Syndicat des audioprothésistes fait partie, dénoncent un désengagement de l’Etat. « Cette dérive vers un partage à 50/50 entre l’Assurance maladie et les organismes complémentaires va pousser patients comme entreprises vers des contrats moins-disants, avec des paniers de soins amputés et davantage de renoncement aux soins à la clé. Elle risque aussi de faire ressurgir les appétits de certaines complémentaires pour enfermer les professionnels libéraux dans des réseaux de soins et leur imposer des tarifs au rabais », écrivent-ils en demandant au gouvernement de retirer ces projets de décrets et d’ouvrir une négociation.


