May 9, 2021

 

L’Ouïe Magazine 103

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Description

L’Ouïe Magazine n°103 – Mars-Avril 2021

Edito

100 % Santé, un succès au doigt mouillé ?

La hausse du taux d’appareillage peut être l’arbre qui cache la forêt.

Voilà trois mois environ que tous les Français peuvent se faire appareiller “gratuitement”. Visiblement, c’est un succès. Du moins
c’est ce qu’on dit. Du côté de la Sécurité sociale, on évoque des « premières tendances positives » et « une forte hausse du taux de
recours en janvier ». Lors du dernier comité de suivi du 100 % santé, qui s’est tenu mi-février, la part de la classe I dans les ventes
d’aides auditives a été estimée à « plus de 30 % ». Le réseau de soins Santéclair fait de son côté état d’une proportion de 28 % au
sein de son réseau et de 48 % hors réseau, avec une augmentation de 44 % du taux de recours en janvier-février 2021.
Ces différents chiffres laissent à penser que la réforme est d’ores et déjà une réussite en audioprothèse. Sauf qu’ils sont plus ou
moins précis, plus ou moins cohérents, plus ou moins partiels. Le 100 % santé, ça marche, mais admettons que cette conclusion
est, pour l’heure, plutôt faite au doigt mouillé.
Certes, il est trop tôt pour avoir accès à des données objectives et rigoureuses. C’est un fait. Mais il est alors aussi trop tôt pour
parler de succès. Pourra-t-on être satisfait si les chiffres consolidés montrent qu’une proportion importante des patients déjà équipés
d’aides auditives haut de gamme renouvelle son appareillage en classe I en raison d’un reste à charge trop important sur la classe
II ? Si, au final, la part de la classe I dépasse celle du panier libre, tirant vers le bas la qualité et la satisfaction ?
Le 100 % santé engendrera une hausse du taux d’appareillage, c’est incontestable. Cependant, cette augmentation, quel que soit
le niveau qu’elle atteindra, ne signera pas à elle seule la réussite de la réforme. Elle n’en sera qu’un élément, qui perdra beaucoup
de sa pertinence si elle est associée à une dégradation des prestations, que les organisations professionnelles constatent déjà.
Veni, vidi, mais pas tout à fait vici.

Anne-Sophie Crouzet