August 12, 2022

 

L’Ouïe Magazine 114

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Description

L’Ouïe Magazine n°114 – Juin-Juillet 2022

Edito

EN HAUT D’UNE MAUVAISE PENTE ?

A l’heure où nous bouclons ce magazine, les résultats de la dernière grande enquête Eurotrak pour la France viennent d’être publiés, quatre ans après la précédente. Ces conclusions nous permettent ainsi d’évaluer les tendances de fond du marché, au-delà de l’impact du 100 % santé. Et elles sont particulièrement positives. L’étude Eurotrak 2022 (que nous vous détaillerons dans notre prochain numéro) montre qu’aujourd’hui, 46 % des malentendants sont désormais équipés d’aides auditives, contre 41 % en 2018. La possibilité de s’appareiller sans reste à charge joue un rôle évident dans cette progression, mais d’autres facteurs positifs l’influencent, notamment la recommandation de l’ORL devenue beaucoup plus fréquente : désormais, 81 % vont consulter un médecin pour leur perte auditive (79 % en 2018) et 64 % se voient prescrire un équipement vs 58 % il y a 4 ans. Par ailleurs, le délai médian de renouvellement est passé à 5 ans (-1 an), la durée moyenne de port quotidienne a augmenté d’environ 30 minutes et plus de trois quarts des utilisateurs jugent que leurs aides auditives fonctionnent mieux qu’attendu. Seul bémol : la satisfaction envers son audioprothésiste est certes toujours très élevée (86 %) mais en léger repli, de 1 point. Faut-il y voir une baisse de la qualité du suivi liée à la croissance du nombre de patients depuis 18 mois ? Ou, malgré des prestations équivalentes, un niveau d’exigence en hausse chez des utilisateurs plus jeunes, actifs et mieux informés que leurs aînés ?
Aussi léger que soit ce recul et quelles que soient ses raisons, cet item doit être observé de près. Alors que toutes les planètes sont alignées au-dessus du marché – abolition du frein financier, dédramatisation progressive de la presbyacousie, innovations technologiques – la belle dynamique engagée depuis l’année dernière ne doit pas être freinée, voire inversée, par une qualité de suivi inférieure aux attentes des patients. Cette qualité reste un facteur clé de succès d’un appareillage et, sur le long terme, de la croissance du marché. Elle représente par ailleurs le principal bouclier contre d’éventuelles réformes qui pénaliseraient la profession, comme la dissociation appareil / suivi ou la baisse du prix limite de vente de la classe I.

Anne-Sophie Crouzet