August 9, 2022

 

La 14ème Semaine du Son se déroule du 23 janvier au 5 février dans toute la France, sous le patronage de l’Unesco. L’opération prend chaque année plus d’ampleur avec des débats et des événements sur le thème du sonore. Avec la participation des organisations professionnelles du secteur, la santé auditive y prend cette année une large place.

 

Durant toute la Semaine du Son, les professionnels de l’audition sont appelés à se mobiliser dans le cadre d’une campagne nationale d’information sur les conséquences de la malentendance et de prévention des risques auditifs. Sur tout le territoire, des conférences et animations sensibilisent le public sur l’importance de préserver une bonne audition et les moyens de la protéger. « Plus de 10 000 affiches ont été déployées. L’engagement de la profession est maximal », s’est réjoui Jean-Louis Horvilleur, audioprothésiste qui coordonne le volet santé auditive de la Semaine du son. Cette campagne, réalisée en partenariat avec l’Association des maires de France, le CNA, le Synea, le Synam, l’Unsaf et la FNEA, a été lancée le 23 janvier au ministère de la Santé. A cette occasion, Anne-Claire Amprou, directrice générale adjointe de la santé, a confirmé que « la santé auditive est une préoccupation » du ministère qui se mobilise autour de plusieurs axes (dépistage néonatal systématique, informations dans le carnet de santé, projet de solvabilisation des aides auditives d’entrée de gamme…), notamment l’audition des jeunes. A ce sujet, elle a annoncé que le décret d’application de l’article 56 de la loi Santé, qui prévoit l’encadrement des activités impliquant la diffusion de musique amplifiée, est en cours d’élaboration et devrait être publié au printemps.

 

Mieux prendre en compte le « profil sonore » de chacun

Lionel Collet, conseiller d’Etat et président du conseil d’administration de santé publique (en photo), est également intervenu, saluant notamment la prise de parole des candidats à la présidentielle sur l’appareillage auditif et son reste à charge. « Cela ne restera pas sans conséquence », a-t-il assuré. Il a par ailleurs évoqué la possibilité d’ouvrir le débat sur la mise en place, en France, de professionnels de l’audiologie comme il en existe dans les pays anglo-saxons, citant en exemple la récente création en France de nouvelles professions de santé comme celle de physicien médical : « Cela signifie que, quand les besoins sont formulés, les demandes sont instruites. » Le Dr Shelly Chadha, responsable du programme Prévention de la surdité et de la déficience auditive à l’OMS, a quant à elle souligné que chaque individu avait un « profil sonore » déterminé par son environnement et ses habitudes d’écoute, mais que ce profil était un facteur encore trop souvent ignoré en raison du manque de sensibilisation du public, des professionnels de santé et des politiques. La rencontre a également été marquée par plusieurs interventions scientifiques essentiellement consacrée à la santé auditive des musiciens, mais aussi à la prévention du sur-déclin cognitif par le port d’aides auditives.

 

« Sans aides auditives, Charles Aznavour aurait peut-être arrêté de chanter »

Parrain de cette 14ème Semaine du Son (il a prêté sa célèbre voix au clip de l’événement, à voir ci-dessous), Michel Drucker a expliqué avec humour qu’en « bon hypocondriaque, (il) connaît tous les ORL de Paris ». Plus sérieusement, il constate qu’avec l’âge, l’environnement « supersonique » dans lequel il évolue devient de plus en plus contraignant. Au fil de sa longue carrière, il a vu le travail des musiciens se modifier avec l’évolution des technologies sonores comme l’apparition des oreillettes. Une anecdote l’a particulièrement marqué : un jour, Charles Aznavour lui déclare « Je chante faux ». Il prenait en effet de l’âge et la presbyacousie menaçait son talent. Le chanteur a alors décidé de s’appareiller. « S’il n’y avait pas eu cette technologie, il aurait peut-être arrêté de chanter », confie l’animateur.