October 13, 2019

La 3ème édition de la campagne Semaine de la santé auditive au travail a débuté ce 15 octobre. A cette occasion, la JNA a dévoilé les résultats d’une enquête menée avec l’Ifop sur les conséquences du bruit subi sur le lieu de travail, qui devient un enjeu de santé publique.

 

Les résultats du sondage* réalisé auprès d’un échantillon de plus de 1 000 personnes montrent, selon la JNA, « l’urgence à agir », la gêne du bruit au travail étant un enjeu de plus en plus prégnant pour les actifs en poste. En effet, 59 % des actifs se disent personnellement gênés par les nuisances sonores sur leur lieu de travail, contre 52 % en 2017. Par ailleurs, si l’industrie, la construction et les ouvriers sont particulièrement touchés, toutes les catégories de population sont concernées : contrairement aux idées reçues, une nette majorité des salariés des secteurs des services (54 %) et de l’administration (60 %) sont eux aussi gênés par le bruit à leur poste de travail. Cette problématique est en outre très répandue chez les jeunes de 18 à 24 ans, qui l’évoquent pour 65 % d’entre eux. « L’importance de cet enjeu comparé à d’autres enjeux de qualité de vie au travail souligne encore l’importance croissante que lui accordent les actifs occupés », commente la JNA. Selon l’enquête, agir sur le bruit et les nuisances sonores au poste de travail est pour 34 % des sondés plus important que le sentiment de confort de l’espace de travail (+7 points), pour 31 % que son éclairage (+5 points), pour 34 % que son emplacement (+4 points) et pour 30 % que sa température (+1 point).

 

Des impacts multiples

Pour 72 % des personnes gênés par le bruit et les nuisances sonores (72%), c’est avant tout la qualité du travail fourni qui est impacté (lenteur à exécuter les tâches, difficultés de concentration…). Une majorité d’entre elles souligne aussi les impacts négatifs sur sa santé au travail : le comportement (fatigue, nervosité, agressivité, lassitude) pour 83 %, l’équilibre général de la santé (somnolences, maux de tête, anxiété, etc.) pour 69 % et l’apparition de troubles auditifs (bourdonnements, hypersensibilité au bruit, surdité) pour 57 %. Pour les actifs occupés en général, le bruit génère par ailleurs des difficultés de compréhension de la parole lors d’échanges au poste de travail et lors de conversations téléphoniques (respectivement 49 % et 48 % en font le constat). Dans une moindre mesure, il engendre aussi des difficultés de compréhension dans les réunions pour un tiers d’entre eux. Enfin, les nuisances sonores sont à la source de difficultés de perception des signaux d’alerte pour près d’un quart des actifs occupés (23 %), dont 30% des ouvriers et 34 % des personnes travaillant dans la construction, ce qui les surexpose à de potentiels dangers physiques sur le lieu de travail. Les conséquences dépassent en outre le cadre professionnel : un actif occupé sur deux (56 % des 18-24 ans) se plaint de fatigue, de lassitude et d’irritabilité dans son quotidien en dehors du temps de travail à cause des nuisances sonores subies sur le temps de travail. Notons que seuls 39 % des actifs gênés ont consulté un médecin du travail ou un médecin pour réaliser un test de l’audition suite à la gêne ressentie.

 

 

 

Les entreprises investissent peu le sujet

« Les solutions imaginées pour réduire le bruit et les nuisances sonores sur le lieu de travail sont globalement peu mises en place par les employeurs, malgré la reconnaissance croissante de ces enjeux par les actifs exerçant une activité professionnelle », regrette la JNA : 28 % des actifs occupés se sont vus remettre des protecteurs individuels (bouchons mousse, bouchons en silicone, casques anti-bruit passifs ou actifs, etc.), 23 % évoquent la création d’espaces pour s’isoler, 22 % le réaménagement des espaces existants. Seuls 19 % ont bénéficié de sessions d’information et de sensibilisation pour modifier les comportements collectifs.

« Ces constats laissent à penser que le bruit au travail est un enjeu qui n’est pas encore pleinement saisi, mais plutôt subi. L’ampleur des effets extra-auditifs du bruit semble sous-estimée tant par les actifs occupés que par les employeurs », souligne la JNA. Pour l’association, ces résultats montrent la nécessité de développer l’information sur les impacts du bruit au travail et les solutions à mettre en place. « L’intégration des mécanismes des effets extra-auditifs du bruit au travail représente un enjeu majeur pour optimiser les programmes de santé et de qualité de vie au travail, et un incontournable pour relever le défi du bien vieillir dans l’entreprise », conclut-elle.