Publié le 20/01/2022

Dans son édition de février 2022, d’ores et déjà disponible en kiosque et en ligne, Que Choisir consacre un dossier aux aides auditives. Il évalue, comme il y a 2 ans, les appareils de classe I et de classe II et compare des microcontours de différentes marques, selon leurs performances.  Son palmarès tire malheureusement peu d’enseignements de celui de 2020 et repose sur une méthode comportant de nombreux biais.

 

Comme il y a 2 ans, Que Choisir assure que « classe I et classe 2 se valent ». Pour l’affirmer, le magazine a comparé 7 microcontours du 100 % santé et 7 autres du marché libre, de 7 marques différentes, un échantillon peu représentatif au regard de la multitude de références disponibles dans les deux catégories. C’est par ailleurs sans complexe que l’article explique avoir testé les aides auditives en mode standard sur un mannequin Kemar, pour une presbyacousie moyenne, de manière à pouvoir « comparer leurs qualités intrinsèques ». Drôle de choix, quand on sait que ce sont justement les réglages individuels, adaptés précisément par l’audioprothésiste aux besoins du patient, qui donnent aux appareils leurs performances. Que Choisir ne nie d’ailleurs pas l’importance du rôle de l’audioprothésiste, admettant par là même le caractère tronqué de son classement : « il faut lire les résultats en gardant à l’esprit que l’audioprothésiste, lui, travaille à partir d’une évaluation individuelle des capacités auditives, et qu’il peut intervenir finement sur les réglages en fonction des retours de ses patients ». Le comparatif contient en outre un tableau pour la classe I et un autre pour la classe II (à voir ci-dessous*), ce qui semble illogique puisque les deux catégories sont censées se valoir.

 

Une pondération contestable des différentes situations sonores par Que Choisir

Comme en 2020, le choix des environnements utilisés pour l’expérimentation reste sujet à caution et peut même faire sourire : la situation « dans la cuisine » (au calme avec 3 personnes discutant) reste prépondérante dans la notation car il s’agit, selon Que Choisir, de « la plus courante » pour les utilisateurs d’appareils, vs « en voiture » (moteur en marche mais sans rouler), dans un restaurant bruyant (une configuration jugée « plus rare ») et en salle anéchoïque. Bref, ce palmarès traite par-dessus la jambe les fonctions spécifiques de chaque appareil, pensées pour des besoins différents par des fabricants s’attachant aux attentes particulières de chaque patient.

 

On se réjouit malgré tout en constatant que Que Choisir valorise les compétences des audioprothésistes et reconnaît que leurs syndicats ont poussé à l’application du 100 % santé. Le magazine ajoute cependant un bémol à ces louanges, le succès de la réforme ne devant pas « dispenser la profession de balayer devant sa porte ». Il vise ici les audios qui dénigreraient les aides auditives de classe I alors qu’elles « s’avèrent suffisantes pour une presbyacousie classique ».

 

*Que Choisir nous a enjoint, dès la parution de notre article, de retirer le tableau comparatif. 

 

 

 

 

 

 

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