Publié le 21/03/2022

La troisième et dernière table ronde de la matinée politique du 42ème Congrès des audioprothésistes, vendredi 18 mars, s’intitulait « Relations avec les complémentaires : vers un nouveau départ ? ». Cette rencontre réunissait Séverine Salgado, directrice générale de la Mutualité Française, Quentin Bériot, directeur général de la mutuelle Unéo et Luis Godinho, président du SDA.

 

Revenant sur les différents scénarios élaborés par le HCAAM sur l’évolution de l’articulation entre Sécurité sociale et Ocam, Luis Godinho a rappelé que le SDA est favorable au maintien du double financement AMO/AMC et à l’amélioration du système actuel. Il a rappelé les trois objectifs prioritaires du syndicat :

  • développer la co-construction entre les complémentaires santé et les professionnels de santé : « l’Unocam ne peut pas s’engager pour ses membres», « la complémentaire impose ses choix aux professionnels de santé », a regretté Luis Godinho, en demandant la mise en place de conventionnements nationaux entre les Ocam et les syndicats ;
  • universaliser le tiers payant en le proposant systématiquement, pour la classe I et la classe II ;
  • définir un remboursement des aides auditives de classe II au moins égal à celui de la classe I.

 

La Mutualité prête à organiser un nouveau partenariat Ocam/audios

Soutenant le système hybride AMO/AMC, qui a « pu démontrer sa surperformance par rapport à d’autres systèmes », Séverine Salgado s’est elle aussi prononcée pour son maintien assorti de réformes. « Il faut revenir aux fondamentaux, avec une mutualisation la plus large possible. Le marché des Ocam doit être désegmenté : il existe une dizaine de voies d’accès à la complémentaire, on ne peut donc pas mutualiser les risques sur l’ensemble de la population », a déclaré la DG de la Mutualité française. Elle se montre également favorable à l’extension du tiers payant systématique à la classe II, en invitant les éditeurs de logiciels et les audioprothésistes à entrer dans cette dynamique. En revanche, Séverine Salgado s’oppose pour l’heure au relèvement des remboursements de la classe II. « Cela aurait pour conséquence une augmentation des cotisations et freinerait donc l’accès à la complémentaire santé, avec une augmentation des restes à charge pour ceux qui ne pourraient plus y adhérer. Nous ne sommes pas favorables à cette hausse systématique », a-t-elle répondu à Luis Godinho. Pour la Mutualité française, il est nécessaire d’observer le jeu des acteurs avant de rediscuter d’une éventuelle révision de l’accord de 2018. « Ne doit-on pas mettre de l’innovation dans la classe I, y instaurer des critères médicaux ? », a suggéré sa DG, en se montrant ouverte à la discussion pour travailler à « l’organisation d’un nouveau partenariat entre les Ocam et les audios ».

 

Une expérimentation Unéo/SDA

Quentin Bériot, directeur général de la mutuelle Unéo (qui couvre essentiellement les forces armées et protège 1 million de personnes), a quant à lui présenté une expérimentation menée par la complémentaire santé avec le SDA. « Nous avons élaboré un guide pour les militaires. Une vingtaine d’audioprothésistes apportent leur accompagnement, avec des dispositifs de prévention sur le long terme. » Unéo a parallèlement aligné ses remboursements de la classe II sur ceux de la classe I, dans une « logique communautaire ». « Les retours de nos adhérents qui se sont rendus chez les audios participants à l’expérimentation sont très bons. Et la proportion des achats en classe II est raisonnable », a assuré Quentin Bériot.

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