Publié le 04/05/2022

 

La responsabilité sociétale des entreprises, tout le monde en parle mais peu savent la déployer sur le terrain. Comment mettre en œuvre une stratégie RSE dans son ou ses points de vente ?

 

Aurélie Foucart est coach executive et experte en stratégie RSE. Elle intervient notamment au sein de Visiplus Academy, centre de formation professionnelle. Voici quelques conseils aux indépendants du secteur de l’audio.

 

Première étape : prendre conscience de l’impact de son activité

Toute activité a un effet sur l’environnement, le plus important étant l’empreinte carbone (transport, industrie…).  « On peut commencer par s’interroger sur les déchets : quels sont les matériaux recyclables ? Il faut savoir que le plastique est plus toxique que le silicone, par exemple », souligne la coach. On peut aussi étudier comment prolonger la durée de vie de l’équipement informatique, des appareils utilisés en laboratoire : quid des équipements obsolètes ? Sont-ils reconditionnés, recyclés ? Est-il nécessaire de les changer systématiquement ou peut-on parfois les réparer ?

 

Seconde étape : élaborer et mettre en œuvre une stratégie RSE

Celle-ci doit prendre en compte toute la chaîne d’approvisionnement et tout le fonctionnement du centre auditif, avec pour objectif de limiter au maximum les effets néfastes sur l’environnement, en incluant le respect de l’humain.

1. En amont, concernant l’origine des appareils et composants, « il faut s’interroger sur les fournisseurs et les conditions de production », précise Aurélie Foucart. Tous les grands fabricants d’aides auditives ont aujourd’hui une stratégie RSE et publient des rapports qui synthétisent leurs engagements et leur avancée quant aux conditions matérielles de production (refus du travail des enfants, promotion de l’égalité femme-homme, par exemple), à l’impact environnemental de leur industrie (bilan carbone, cycles de vie des matériaux…), aux transports… Consulter ces documents de référence peut éclairer vos choix.

2. La stratégie RSE comporte également un volet social portant sur les valeurs de l’enseigne en tant qu’entreprise : qualité de vie au travail, inclusion, diversité dans le recrutement… Là aussi, on peut réfléchir à la manière d’améliorer ces différents points.

3. En bout de chaîne, pourquoi ne pas proposer aux patients de déposer leurs anciens appareils afin de les recycler ou d’en faire don à une association ?

 

Troisième étape : communiquer sur sa RSE

Avoir une stratégie RSE est un élément qui permet de se différencier aux yeux de la concurrence, mais aussi des candidats (« marque employeur »). Encore faut-il que tous ces acteurs soient au courant. « La communication est primordiale. On commence par informer sur ses actions RSE en utilisant son propre site, dans les offres d’emploi (en indiquant la politique d’inclusion de l’enseigne, par exemple), en vitrine et sur la brochure », énumère Aurélie Foucart. Enfin, il est recommandé de faire connaitre ses valeurs en tant qu’entreprise et ses actions durant les entretiens de recrutement. Un bon moyen de créer du lien avec le candidat, surtout avec la jeune génération que l’on sait très sensible à ces sujets.

 

 

Gare aux fausses promesses !

« De nombreuses entreprises sont dans le "dire", mais pas forcément dans le "faire" », explique Laurent Bilger, président de l’agence conseil en RSE et communi- cation stratégique Be Hearty. « Pour se démarquer, il va falloir démontrer plutôt que se contenter de montrer, en se basant sur des données fiables comme, par exemple, des certifications et des labels ». On peut citer l’exemple d’Afnor Certification qui attribue deux labels (Diversité et Egalité professionnelle) aux entreprises qui s’en-gagent à prévenir les discriminations et à promouvoir la diversité.
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