Dans un communiqué publié le 5 mai, l’Académie nationale de médecine déplore les dérives frauduleuses qui ont émaillé la mise en œuvre du 100 % en audiologie et avance 2 propositions. Les raisons pour lesquelles l’institution prend la parole maintenant demeurent obscures.
L’Académie de médecine liste les dérives constatées, usurpations du titre d’audioprothésistes, exercice illégal de la médecine, escroqueries, faux, etc., des faits connus et dénoncés depuis plusieurs années par les représentants de la profession. L’Assurance maladie est mobilisée depuis maintenant 3 ans sur ces sujets. L’Académie déplore aussi des pratiques discutables sans être forcément illégales comme les campagnes publicitaires agressives, qui « s’explique[nt] en partie par la financiarisation des chaînes d’audioprothèse ».
L’institution souligne également d’autres points, moins évidents. Elle pointe une « multiplication des prescriptions illégales » puisque 40 % des primoprescriptions n’ont pas été délivrées par des médecins habilités, or des primoprescriptions peuvent avoir été établies par des généralistes non formés en audiologie avant l’entrée en vigueur de l’obligation de suivre cette formation. Elle met en cause le renouvellement à 4 ans, non justifié par une panne ou une détérioration de l’audition, or la prise en charge tous les 4 ans est de droit : ce point peut être discuté, mais il ne s’agit pas à proprement parler d’une dérive.
Enfin, l’Académie s’inquiète des perspectives économiques en s’interrogeant sur la soutenabilité de la réforme à long terme, notamment pour les complémentaires santé. On rappelle que, même si elles ont beaucoup augmenté, les dépenses en audioprothèse des Ocam restent, en pourcentage, une part très modeste de leurs dépenses.
Partant de ces différents constats, l’Académie nationale de médecine formule 2 propositions : évaluer le service médical rendu de façon indépendante pour « apprécier l’utilisation, le suivi et l’adhérence du patient » et contrôler les prescriptions initiales et renouvellements en passant par les ordonnances numériques.


