Le gouvernement montre une ouverture vis-à-vis de « l’aller-vers » en audioprothèse

Publié le 13/05/2026

En réponse à une question du député Jean-Michel Jacques sur le démarchage à domicile des audioprothésistes (posée en juillet 2025), le ministère de la Santé affiche son intérêt pour le développement de solutions d’« aller-vers » dans la filière auditive, tout en rappelant la nécessité d’un encadrement déontologique strict.

IL y a presqu’un an, Jean-Michel Jacques (élu du Morbihan – Ensemble pour la République) alertait le gouvernement sur les difficultés rencontrées par certaines personnes âgées, isolées ou en perte d’autonomie pour accéder aux centres auditifs. « La réglementation actuelle ne permet pas aux audioprothésistes d’effectuer de démarchage à domicile, ce qui limite l’accès à leurs services pour une partie importante de leur patientèle, notamment celle qui rencontre des difficultés à se déplacer. Si l’autorisation d’interventions ou de démarchages à domicile par les audioprothésistes venait à être envisagée, il serait toutefois indispensable de l’encadrer strictement afin de prévenir les dérives et les pratiques abusives, comme celles qui existent déjà malgré l’interdiction ou que l’on a pu observer dans d’autres secteurs médicaux ou paramédicaux », expliquait-il.

Dans sa réponse publiée le 12 mai au Journal officiel, le ministère de la Santé rappelle le rôle « essentiel » des audioprothésistes dans la prise en charge de la presbyacousie et souligne qu’à l’horizon 2035, huit millions de Français pourraient être concernés par une perte auditive. « Ces évolutions sont au cœur des préoccupations du gouvernement, l’accès aux soins auditifs étant l’un des leviers du « bien vieillir ». Le positionnement des audioprothésistes en ville, et leur maillage territorial, font de ces professionnels une ressource stratégique pour le suivi des patients appareillés, mais aussi pour la réalisation des actes susceptibles de libérer du temps médical. Le pacte de lutte contre les déserts médicaux, dans son axe 3 « Moderniser les organisations et unir les compétences pour soigner plus de patients », prévoit le retrait de bouchons de cérumen par les audioprothésistes, par instillation médicamenteuse notamment », rappelle-t-il (le SNORL est d’ailleurs favorable à cette évolution, sous réserve que le patient soit connu de l’audioprothésiste et que l’ordonnance de l’ORL précise qu’il n’y a pas de contre-indication).

Sans annoncer explicitement une évolution réglementaire sur le démarchage à domicile, le Gouvernement affirme rester « attentif aux initiatives mises en place pour améliorer l’accès aux soins dans la filière auditive, incluant l’aller-vers, qui devront s’accompagner d’un renforcement des principes déontologiques de la profession d’audioprothésiste ».

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