Cochlear a présenté vendredi dernier, près de Chantilly dans l’Oise, les avancées permises par sa toute nouvelle puce, Nexos, la première depuis 20 ans. Elle soutient des fonctionnalités intelligentes inédites dans un implant.

Compte tenu de l’importance de ce lancement dans l’histoire de l’entreprise, Cochlear a réuni une partie de ses équipes encadrantes internationales pour présenter Nucleus Nexa, accompagné de ses processeurs de son Nucleus Kanso 3 Nexa (déporté) et Nucleus 8 Nexa (contour). Fanny Hayes, la directrice générale de la filiale française (en photo), a immédiatement précisé que la prise en charge de ce nouveau système par l’Assurance maladie devrait être accordée sous peu. Pour l’heure, il est proposé dans quelques centres d’implantation, qui ont pu le découvrir en avant-première. Le président de la marque australienne pour la zone EMEA, Anthony Bishop, était présent pour souligner le caractère disruptif de ce lancement : il a décrit Nucleus Nexa comme le « 1er implant intelligent au monde », car l’IA est dans le dispositif implanté et plus seulement dans le processeur externe.
De la mémoire dans l’implant
Benjamin Bénac, chef de produit chez Cochlear France, a détaillé les bénéfices clés de Nucleus Nexa et de son écosystème, qui s’adressent aussi bien aux adultes qu’aux enfants. L’implant inclut pour la première fois une mémoire interne, qui lui permet de répondre à plusieurs enjeux actuels et futurs. D’une part, son micrologiciel pourra être mis à jour au fil du temps, ce qui est une nouveauté dans le monde des implants. Cette évolution est d’autant plus notable qu’il n’est pas rare que les patients gardent le même dispositif pendant plus de 20 ans. De plus, les MAP du patient sont stockées dans l’implant. Grâce à la fonctionnalité SmartSync, elles peuvent donc être copiées dans un processeur vierge, à la suite de son remplacement ou pendant qu’il est en SAV. Il devient ainsi possible d’envoyer un processeur de secours à un patient qui a perdu le sien en vacances, sans nécessiter un passage immédiat en CHU pour refaire les réglages. L’« intelligence » de la puce se manifeste aussi dans une fonctionnalité d’autosurveillance, qui peut émettre des alertes quand un dysfonctionnement est détecté.
Plus de choix pour les patients

Autre nouveauté, la nouvelle Gestion dynamique de l’énergie de Cochlear (liaison RF optimisée et batteries améliorées) lui permet de proposer des processeurs de son plus petits et plus légers. Si l’équipe soignante le décide, elle peut laisser le choix du modèle au patient, en fonction de son mode de vie, car les performances techniques et audiologiques sont équivalentes. André Goedegebure, audiologiste au centre Erasmus à Rotterdam au Pays-Bas (en photo), a fait part de ses retours sur l’utilisation du système Nucleus Nexa depuis 1 an, remontant une satisfaction globale de l’équipe et des patients – notamment sur l’efficacité énergétique – tout en attirant l’attention des professionnels sur certains points qui changent par rapport aux systèmes précédents : le temps de synchronisation, l’automatisation de certaines valeurs dans le logiciel…
Le nouvel implant cochléaire s’inclut dans l’environnement global de la marque : le Nucleus SmartNav pour soutenir le geste chirurgical, le logiciel Custom Sound Pro dans sa dernière version et l’application Nucleus Smart pour les patients.

Le Kanso 3 Nexa fonctionne toujours sans bouton, par tapotement. Il inclut le SmartSoundIQ 2 avec Scan 2 et Scan 2 FF, le classificateur d’environnements le plus avancé du fabricant. Les nouveaux contours Nucleus 8 Nexa sont proposés avec plusieurs types de batteries.
Des perspectives à long terme

Catherine Picard, VP Innovations, Benjamin Bénac, chef de produit, et Anthony Bishop, président de la région EMEA.
Catherine Picard, vice-présidente de l’innovation avancée et des investissements stratégiques chez Cochlear, a exposé les futures fonctionnalités que le nouveau système embarquera potentiellement à l’avenir et qui ne sont pas encore disponibles. Les médecins pourront, pendant la chirurgie, stimuler canal par canal et accéder à de nouvelles mesures, facilitant les activations précoces. Les électrodes périmodiolaires développées par Cochlear doivent permettre de stimuler de façon plus spécifique, en évitant les zones mortes et de mieux prédire les résultats. Les médecins présents se sont montrés particulièrement intéressés par la possibilité d’avoir, un jour, des outils de diagnostic embarqués et de nouvelles données pour expliquer certains échecs d’implantations.

La Dr Nathalie Loundon, chirurgienne ORL à l’hôpital Necker-Enfants malades a modéré une table ronde autour des premiers retours d’expérience de Sabrina Bouzaïd, audiologiste pédiatrique et régleuse d’implants à Necker, du Pr Christophe Vincent, chef du service d’otologie et otoneurologie du CHU de Lille, et de Vincent Krause, audioprothésiste, qui exerce aussi au CHU de Lille.
Prêt pour la connectivité de demain
Pour clore l’après-midi, Jean-Baptiste Lemasson, responsable de l’audiologie chez GN, et Benjamin Bénac ont présenté ensemble la connectivité Auracast, au nom de la Smart Hearing Alliance scellée entre leurs 2 entreprises il y a plus de 10 ans notamment pour développer les solutions bimodales. En effet, les nouveaux implants Nucleus Nexa sont compatibles avec cette norme de diffusion à la fois grand public et dédiée au son. Cochlear ambitionne d’être le premier fabricant à le proposer aux patients implantés : sa gamme Baha 7 est déjà compatible.


