Lionel Fontan, chercheur à l’Institut de recherche en informatique de Toulouse et responsable de la R&D chez Archean Labs et Frédéric Rembaud, membre du Collège national d’audioprothèse, viennent de publier une actualisation de leur étude de 2017 sur les pratiques audioprothétiques.
L’étude publiée dans Les Cahiers de l’audition (3ème volume de 2026)* fait un nouvel état des lieux de la pratique dans un contexte transformé par le 100 % santé et l’arrivée de nouveaux tests vocaux dans le bruit. 1er enseignement : l’audiométrie vocale dans le bruit progresse nettement. 81,2 % d’audios déclarent l’utiliser souvent ou presque toujours, contre 62,4 % dans la précédente enquête. Une évolution que les auteurs attribuent à la réforme 100 % santé, qui a intégré la perte de rapport signal/bruit comme critère d’appareillage, ainsi qu’à la diffusion de deux nouveaux tests : la VRB, désormais utilisée par plus de la moitié des répondants, et le FraMatrix (20 %). Malgré tout, les dissyllabes de Fournier (1951) restent la référence incontournable, utilisées par 82 % des audioprothésistes interrogés.
L’étude relève également une progression de la pratique du stéréo-équilibrage (46 % d’utilisation systématique contre 38 % en 2017) et de l’audiométrie supraliminaire, tandis que l’usage de tests de localisation spatiale demeure minoritaire et stable. Autre constat : si 88 % des audioprothésistes reconnaissent l’importance des fonctions cognitives dans la perception de la parole dans le bruit, seuls 16 % utilisent des tests de dépistage cognitif – un écart qui existait déjà en 2017.
Les auteurs appellent donc à reconduire ce type d’enquête à intervalles réguliers car la profession continue bien évidemment d’évoluer, tant sur le plan technologique que démographique.
*Analyse des réponses de 266 audioprothésistes, recueillies au premier trimestre 2024 via un questionnaire en ligne


