Une nouvelle étude lève le voile sur les origines génétiques et les mécanismes de la maladie de Ménière

Publié le 29/06/2026

En utilisant les données de 5 biobanques internationales, des chercheurs de l’école de médecine Perelman de l’université de Pennsylvanie aux Etats-Unis ont réussi à dessiner le cadre général de la maladie de Ménière, entre prédisposition génétique et mécanismes biologiques.

Une nouvelle étude lève le voile sur les origines génétiques et les mécanismes de la maladie de Ménière

(A) Répartition par sexe des sujets atteints dans les cohortes FinnGen, AoU et UKB.
(B) Répartition des ascendances génétiques inférées des sujets atteints dans les cinq études contributrices. Les autres ascendances génétiques inférées incluent les origines africaines, sud-asiatiques et du Moyen-Orient.
(C) Répartition par âge des sujets atteints dans les cohortes AoU et FinnGen, classés par tranches d’âge (en proportion).
(D) Prévalence des sujets atteints selon l’âge dans les cohortes AoU et FinnGen.

Selon l’article publié dans The American Journal of Human Genetics*, la maladie pourrait s’inscrire dans la structure même de l’oreille interne, bien avant l’apparition des premiers symptômes : ses causes seraient directement liées au développement de l’oreille interne. Cette étude vient combler un manque de connaissances sur les mécanismes sous-jacents de cette pathologie qui se déclare généralement entre 20 et 50 ans, avec une légère majorité de femmes touchées (60 à 65 %). Sa prévalence est en moyenne d’une personne sur 2 000.

Des mécanismes génétiques et biologiques

Les chercheurs ont croisé les données de 5 grandes biobanques majeures — All of Us, le Million Veteran Program, UK Biobank, FinnGen et Biobank Japan — pour constituer une cohorte de 8 969 cas et près de 2 millions de profils témoins. L’analyse a permis d’identifier cinq régions du génome associées au risque de développer la maladie. Les auteurs de l’article penchent plutôt pour des petites variations génétiques qui créeraient un terrain. Leurs conclusions pointent des gènes impliqués dans le développement précoce de l’oreille interne. Ils ont identifié des liens génétiques avec des pathologies connexes : surdité, acouphènes, vertiges, migraine et apnées du sommeil, qui suggèrent des substrats biologiques communs.

L’étude met aussi en évidence le rôle potentiel de l’acide rétinoïque, un dérivé de la vitamine A impliqué dans le développement des organes et la régulation des fluides. Des altérations des gènes contrôlant leurs niveaux pourraient expliquer les troubles de leur dynamique et de la pression au sein de l’oreille interne, observés chez les personnes atteintes de la maladie de Ménière.

Des perspectives encore limitées

Les auteurs soulignent que la génétique n’explique pour l’heure qu’environ 7 % du risque global : un test prédictif clinique n’est pas à l’ordre du jour. La prochaine étape passe par des modèles d’oreille interne humaine en laboratoire et des études animales pour préciser l’impact fonctionnel des variants identifiés. L’équipe a d’ores et déjà engagé un partenariat de recherche translationnelle pour explorer le séquençage génomique et définir des stratégies d’intervention précoce.

*Genome-wide analysis implicates inner ear development in Ménière disease, Zhuozheng Shi, Ravi Mandla, Jingjing Li, Xinzhe Li, Zixuan (Eleanor) Zhang, Sixing Chen, Sandra Lapinska, Alexander O. Flynn-Carroll, Bogdan Pasaniuc, Douglas J. Epstein, Iain Mathieson, The American Journal of Human Genetics, juin 2026.
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