Saisie par le ministère de la Santé, la HAS recommande l’instauration d’une obligation vaccinale annuelle contre la grippe pour l’ensemble des professionnel·les de santé, des étudiant·es et des personnels des établissements hébergeant des personnes âgées à risque de forme sévère. La vaccination des résident·es reste simplement recommandée.
Cette obligation vise avant tout les professionnel·les de santé salarié·es, libérales et libéraux, et les professions au contact de personnes à risque de forme sévère de grippe dans les établissements sanitaires et médico-sociaux. Les étudiant·es des filières médicales et paramédicales sont particulièrement concerné·es, notamment en audioprothèse lors des stages dans des services accueillant des personnes âgées. Pour mémoire, une obligation de vaccination contre le Covid avait été décidée, puis levée, dans les années suivant la pandémie.
Le déploiement de ces mesures devra se faire prioritairement, soutient la HAS, en Ehpad et en unités de soins de longue durée (USLD), compte tenu de la vulnérabilité des résident·es (75 % ont 75 ans et plus). Dans les autres établissements de santé, autres structures médico-sociales et pour l’exercice libéral, un déploiement progressif sur 2 ans renouvelable 1 an est recommandé. Si les pouvoirs publics décident d’appliquer cette méthodologie, tous les audioprothésistes seront donc à terme soumis à l’obligation de se vacciner contre la grippe.
La HAS justifie cette recommandation par le fardeau que représente cette maladie (92 000 hospitalisations et environ 17 000 décès en 2024-2025), le risque de transmission des professionnel·les vers les personnes soignées, et les couvertures vaccinales insuffisantes des soignants : 20 % en établissement de santé, 21 % en Ehpad en 2024-2025, alors que la couverture vaccinale des résident·es est déjà très élevée (82,7 %).
Le ministère de la Santé a salué, dans un communiqué, cette recommandation. Il indique travailler à l’évaluation des conditions de son déploiement, en fonction des capacités d’approvisionnement et d’administration des vaccins et en concertation avec les représentant·es des professionnel·les et des étudiant·es, des usagers, des employeurs publics et privés, et les institutions chargées de la santé au travail. Aucune sanction ne sera prévue dans un premier temps.


