Alors que Samsung vient d’obtenir aux États-Unis le feu vert de la FDA pour doter certains Galaxy Buds d’une fonction d’aide auditive OTC, une récente étude japonaise décrypte l’amplification délivrée par les AirPods Pro 2, qui disposent de cette option (non disponible en France) depuis 2024.
Par cette étude parue dans la revue Auris Nasus Larynx*, les chercheurs japonais ont voulu objectiver les performances du programme Hearing Aid des AirPods Pro 2, dont l’amplification est automatiquement déterminée à partir des seuils obtenus avec la fonction « Hearing Check ». Ils ont sélectionné 5 profils audiométriques représentatifs (perte plate à 30 dB, perte plate à 50 dB, perte sur les basses fréquences, perte progressive sur les hautes fréquences, perte brutale sur les hautes fréquences) et les ont programmés dans les AirPods Pro 2.
Des mesures ont ensuite été réalisées sur l’oreille droite de 10 adultes normo-entendants, avec le signal vocal standardisé ISTS présenté à 50, 65 et 80 dB SPL. Le paramètre étudié était le gain d’insertion de l’oreille réelle. Les résultats ont été comparés aux cibles NAL-NL2 et DSL v5 calculées à partir des mêmes seuils issus du Hearing Check – et non à partir d’une audiométrie tonale conventionnelle.
Les analyses montrent que les AirPods délivrent bien une amplification différenciée selon le profil auditif, généralement plus importante dans les fréquences moyennes et élevées que dans les graves, et le gain diminue à mesure que le niveau sonore d’entrée augmente, témoignant d’un fonctionnement non linéaire compatible avec une amplification compressive. Sur le profil de perte plate à 50 dB, à 1 000 Hz, le gain d’insertion moyen passe de 11,5 dB avec une entrée à 50 dB SPL à 5,9 dB à 65 dB SPL, puis seulement 0,2 dB à 80 dB SPL. Les auteurs estiment que cette forte atténuation aux niveaux d’entrée élevés pourrait relever d’une stratégie de limitation de sortie visant à éviter une amplification excessive.
Par ailleurs, le gain mesuré avec les AirPods est généralement inférieur aux cibles NAL-NL2 et DSL v5, à quelques nuances près : à 50 dB SPL, le gain des AirPods se rapproche de la cible NAL-NL2 dans certaines fréquences moyennes. Pour les 2 profils de pertes dans les aigus, le système fournit bien davantage de gain dans les hautes fréquences, mais son niveau reste généralement inférieur aux cibles NAL-NL2 et DSL v5, particulièrement lorsque le niveau d’entrée augmente.
Pour les chercheurs, ces caractéristiques pourraient traduire une conception privilégiant l’aide générale à l’écoute et le contrôle du niveau de sortie plutôt qu’un ajustement strict aux cibles prescriptives. Lorsque la perte auditive est plus importante, notamment dans les aigus, le gain obtenu pourrait ainsi ne pas permettre d’approcher complètement les cibles conventionnelles.
Prudence sur les conclusions
L’étude ne compare pas l’efficacité clinique des AirPods à celle d’aides auditives. Les participants étaient normo-entendants et les pertes auditives étaient des profils programmés dans les écouteurs. N’ont été évalués ni l’intelligibilité de la parole, ni les performances en situation réelle, ni le bénéfice ressenti par les utilisateurs. La comparaison avec NAL-NL2 et DSL v5 est par ailleurs uniquement descriptive, sans analyse statistique inférentielle. « Des études intégrant les performances vocales et l’utilisation en conditions réelles seront nécessaires pour préciser leur place clinique », précisent les scientifiques.


