October 20, 2020

Le sondage réalisé par le Syndicat des audioprothésistes entre le 25 avril et le 15 mai permet de faire la synthèse de la période, de ses enjeux et des défis pour le reste de l’année. L’enquête de l’Unsaf apporte des éléments inédits sur le comportement des patients et les interventions réalisées par les audioprothésistes durant le confinement.

Des audios engagés

Plus de 6 répondants sur 10 ont pris part à l’initiative « Permanence-audio » et 68 % ont déclaré avoir reçu des patients pour enquête Unsaf Permanence-audiomaintenance des appareils ou fourniture de consommables. Aux extrêmes, 10 % des sondés n’ont pas exercé du tout et 1,3 % a continué son activité habituelle. En raison de la difficulté voire de l’impossibilité d’accéder aux matériels de protection, « il était très incertain d’exercer sans prendre de risques pour le personnel et le public ce qui a amené une réduction très forte de l’activité », note l’Unsaf. Seuls 29 % des sondés avaient suffisamment de masques grand public, 16 % de masques chirurgicaux et 4,6 % de masques FFP2 : en conséquence, plus de 6 fois sur 10, seul le gérant a continué à travailler.

Des données précises sur les interventions effectuées durant le confinement

Le confinement a bien entendu eu des retentissements sur une patientèle le plus souvent à risque face au Covid-19. 43,6 % des audioprothésistes ont trouvé leurs patients stressés voire anxieux, indique le sondage, et même, pour 26,9 %, angoissés. Cependant, leur comportement est resté dans la grande majorité des cas « patient et serein ».

enquête Unsaf attitude des patients

La maintenance des appareils durant le confinement a généré un très grand nombre de sollicitations et d’interventions : 80 % des audioprothésistes ont eu 1 à 50 demandes pour un appareil muet et 20 % ont même reçu plus de 50 demandes de cette nature. Concernant les piles et consommables, près de la moitié (48,7 %) a été destinataire de 11 à 50 demandes, et 35,4 % de plus de 50 demandes.

« Nous avons été frappés par l’angoisse des gens qui nous appelaient et nous disaient : ‘‘si vous êtes fermés qu’est-ce que je vais devenir, je n’entends pas, je suis en panne de pile, d’appareil’’ et par leur soulagement quand ils ont été dépannés. Si quelqu’un se posait encore des questions sur notre utilité sociale, on a la réponse : elle est évidente ! »

Luis Godinho en conférence de presse le 29 mai

Dans la plupart des cas, les patients ont bien compris les enjeux du confinement : les 3/4 des audios ont eu moins de 10 demandes pour des rendez-vous de contrôle, 95 % des sondés ont reçu moins de 5 demandes de rendez-vous pour appareillage.

100 % santé : anticiper la réforme pour rattraper la baisse d’activité

Sur les questions économiques, les résultats de l’enquête Unsaf recoupent très largement ceux du sondage réalisé par L’Ouïe Magazine dans la même période. Après un début d’année très majoritairement jugé satisfaisant (à 81,7 %), le confinement a entraîné, en mars, une baisse d’activité d’au moins 50 % pour 45 % des sondés et en avril d’au moins 75 % du chiffre d’affaires pour 85 % d’entre eux. En dehors de l’activité partielle, très sollicitée, les audioprothésistes ont demandé et/ou obtenu relativement peu d’aides : un quart des sondés a bénéficié du report d’échéances sociales ou fiscales et un tiers espère un dédommagement par une assurance perte d’exploitation (les détails concernant les aides ici). Conséquences des difficultés économiques, à peine plus de la moitié des répondants est sûre du maintien de l’emploi dans son ou ses centres pour les 12 prochains mois.

Anticipation 100% santé

Interrogés sur l’éventualité d’une anticipation de la réforme 100 % santé, 66 % des répondants s’y sont déclarés favorables : en très grande majorité, ils estiment que cela permettrait un rattrapage, au moins partiel, du premier semestre.

Dans cette enquête Unsaf, près de la moitié des sondés sont des adhérents et le total des réponses correspond à environ 15 % de la profession, ce qui lui confère une bonne représentativité (avec une répartition géographique homogène). 3 répondants sur 10 sont salariés, 70 % à leur compte, et majoritairement sous enseigne nationale.