August 12, 2020

 

Selon une étude publiée le 20 juillet dans le Journal of Neuroscience, la dégradation des cellules ciliées serait bien plus centrale dans la presbyacousie qu’on ne l’envisageait auparavant.

 

L’article intitulé « La perte auditive liée à l’âge est dominée par les atteintes aux cellules sensorielles de l’oreille interne, et non par la batterie cellulaire qui les alimente » est le fruit des travaux de chercheurs du laboratoire Eaton Peabody de l’institut Massachussetts Eye and Ear, de l’université de médecine et de l’Ecole de santé publique de Harvard, et de l’université Sun Yat-sen de Guangzhou en Chine. Ils affirment que leur modèle statistique, sur 120 échantillons de cochlées issus d’autopsies, « renverse le dogme sur les causes de la perte auditive liée à l’âge ». Des études antérieures semblaient montrer que la presbyacousie était rarement directement causée par la destruction des cellules sensorielles. L’implication de la « strie vasculaire », partie de la cochlée qui comporte de nombreux vaisseaux sanguins, avait été démontrée sur modèle animal. Cette nouvelle étude bat en brèche l’idée de causes principalement vasculaires à la perte auditive chez les humains. La mise en relation de l’analyse, au microscope, des cellules ciliées, des fibres nerveuses auditives et des tissus striaux, avec les audiogrammes des sujets a révélé que le niveau de perte auditive était mieux prédit à partir de la quantité de cellules sensorielles qu’en prenant en considération les dommages constatés sur la strie vasculaire. Autrement dit, même si la cochlée est moins bien irriguée chez les sujets âgés, cela n’a pas d’importance au regard de la destruction des cellules ciliées. Cette étude constitue une première enquête quantitative sur celles-ci. Elle montre également, selon ses auteurs, « une perte de cellules ciliées inattendue dans les basses fréquences et une perte considérablement plus grande dans les hautes fréquences que dans n’importe quel modèle animal vieillissant ». Un élément de plus pour démontrer le caractère crucial de la surexposition au bruit dans le vieillissement accéléré de l’ouïe.