Enquête de l’ARDDS : la satisfaction est toujours au rendez-vous en classe I

Publié le 04/05/2026

L’Association de réadaptation et défense des devenus-sourds (ARDDS) investigue depuis plusieurs années la satisfaction comparée des personnes appareillées en classe I et en classe II, parmi ses adhérents.

Il s’agit de la 3ème vague de cette enquête, après 2022 et 2023. Une partie des questions sont communes aux éditions précédentes, d’autres ont été ajoutées. Le sondage ne prétend pas à la représentativité de la population malentendante de France en général car il a été diffusé auprès des associations de patients, mais il rend visible l’avis de personnes appareillées, engagées dans une réflexion sur leur surdité, avec une forte prépondérance des pertes auditives sévères et au-delà. La moitié des répondants souffre également d’acouphènes. Les questions portent sur le dernier appareillage acquis.

Les personnes interrogées sont globalement très observantes. 77 % portent leurs appareils plus de 8 heures par jour. Une petite proportion est dans le renoncement. 2 % déclarent un temps de port inférieur à 2 heures par jour et encore 2 % entre 1 et 2 heures par jour. 6 répondants sur 10 ont opté pour un appareil rechargeable lors de leur dernière acquisition. 15 % sont appareillés en 100 % santé vs 20 % dans la précédente vague du sondage.

Enquête de l’ARDDS : la satisfaction est toujours au rendez-vous en classe I

Les personnes interrogées sont à 90 % des patients ayant déjà renouvelé leurs appareils (parfois plusieurs fois), que ce soit en classe I ou en classe II. La satisfaction des utilisateurs des 2 catégories d’appareils est toujours très proche, avec cependant un léger avantage aux aides auditives les plus technologiques, notamment sur la facilité d’utilisation et sur l’amélioration de l’audition. Il faut noter que c’est la 1ère fois, dans l’enquête de l’ARDDS, que la classe II arrive en tête.

Enquête de l’ARDDS : la satisfaction est toujours au rendez-vous en classe I
Les auteurs du sondage font une observation constante d’année en année : les utilisateurs de classe II déclarent plus de gêne dans les situations de la vie courante que ceux appareillés sans reste à charge. Ce résultat peut être lié au fait que les acheteurs de classe I ont plus comparé avant de passer à l’acte d’achat. Il faut aussi préciser que les possesseurs d’appareils de classe II ont, en moyenne, une perte plus importante. On peut également faire l’hypothèse que ces personnes sont, dans le détail, plus exigeantes quant au service rendu par des aides auditives qu’elles ont contribué à financer… Même si, globalement, elles en sont satisfaites.

96 à 100 % des actuels utilisateurs d’appareils auditifs de classe I se disent prêts à réessayer des aides auditives sans reste à charge pour leur prochain renouvellement, attestant d’un niveau de satisfaction très élevé.

Critères de choix de la classe et du professionnel

Concernant les raisons du choix de la classe I, elles sont toujours variées. Comme il y a 3 ans, 10 % des répondants indiquent que cela ne leur a pas été proposé, alors que c’est une obligation légale. Ce pourcentage souligne une réelle difficulté, qui ne s’est pas réduite depuis 2023 dans ces retours de patients. Mauvaises pratiques qui se perpétuent ? Difficultés de compréhension de l’information par les patients, nécessitant donc d’améliorer ce point ? Plus généralement, les témoignages recueillis dans ce sondage font état de discours tendancieux de la part de certains de leurs audioprothésistes : sur l’inadaptation des appareils de classe I, en général, aux pertes bilatérales sévères, sur l’absence de connectivité…

Concernant le choix de l’audioprothésiste, 2 points sont à regarder de près. La part de patients retournant chez celui ou celle qui les a appareillés la fois précédente est finalement assez faible, moins du tiers. Par ailleurs, les auteurs de l’enquête soulignent avec étonnement que l’ORL ne joue qu’un rôle marginal dans le choix de l’audioprothésiste. Peut-être y a-t-il ici un biais de recrutement car les patients interrogés sont des personnes très impliquées dans leur appareillage, probablement nettement plus connaisseurs du sujet que la moyenne (17 % sont porteurs d’implants).

 

Auracast fait une entrée remarquée dans l’enquête
Enquête de l’ARDDS : la satisfaction est toujours au rendez-vous en classe I 4 répondants sur 10 indiquent utiliser les fonctions de connectivité de leur appareil en classe I, 6 sur 10 en classe II. Parmi ceux qui s’en servent une très grande majorité trouve cela utile. L’ARDDS renouvelle ses regrets sur le manque d’information spontanée délivrée par les audioprothésistes concernant la fonction T : « constat un peu désespérant après vingt ans de lutte pour avoir des boucles magnétiques qui fonctionnent et des personnels formés dans les établissements accueillant du public ». Mais dans le même temps, l’association a introduit une question sur Auracast, montrant que cette technologie trouve déjà un écho auprès des malentendants, même si elle n’en est encore qu’au début de son développement.

Si l’on doit retenir une constante sur les 3 vagues de sondage, c’est surtout que les utilisateurs de classe I ne sont pas moins bien appareillés ou plus insatisfaits que ceux de classe II. Compte tenu de l’échantillon considéré, les résultats doivent être lus plutôt comme des enseignements qualitatifs que quantitatifs. Autrement dit, les opinions reflétées ici sont bien réelles, mais pas nécessairement dans les proportions de cette enquête.

S’appuyant sur ce travail riche et complet, l’association formule plusieurs propositions : organisation de réunions d’information dédiées à l’appareillage pour leurs adhérents, mobilisation pour accélérer l’adoption d’Auracast dans les lieux publics, interdiction des publicités (mensongères)…

L’Ouïe Magazine remercie l’Association de réadaptation et défense des devenus-sourd pour la communication des résultats de son enquête 2026.
Crédit infographies : ARDDS
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