La question de l’« aller-vers » en audioprothèse revient à l’Assemblée nationale. Dans une question écrite publiée au Journal officiel ce 11 août, Sophie Ricourt Vaginay, députée des Alpes-de-Haute-Provence (Union des droites pour la République), demande au gouvernement d’étudier la possibilité d’expérimenter l’exercice itinérant dans les territoires ruraux, dans le cadre de l’article 51. Sa démarche fait écho à plusieurs interpellations parlementaires récentes sur l’accès aux soins auditifs hors centre.
L’élue rappelle les difficultés d’accès aux soins auditifs rencontrées dans les territoires ruraux, notamment pour les personnes âgées dépendantes et les résidents d’Ehpad. Sophie Ricourt Vaginay relaie la proposition de professionnels souhaitant recourir à l’article 51 de la LFSS pour 2018, afin d’expérimenter un exercice itinérant des audioprothésistes reposant sur des unités mobiles respectant les normes applicables aux centres auditifs. Elle cite en argument l’exemple d’une expérimentation conduite par l’URPS des chirurgiens-dentistes d’Auvergne-Rhône-Alpes, qui a utilisé ce cadre juridique pour proposer un suivi bucco-dentaire à des résidents d’Ehpad du Puy-de-Dôme.
La députée regrette que les règles applicables à l’audioprothèse limitent les initiatives locales alors que la lutte contre les déserts médicaux constitue une priorité des pouvoirs publics. Elle pointe également la lenteur de l’instruction des dossiers déposés au titre de l’article 51 qui décourage les porteurs de projets.
Sophie Ricourt Vaginay demande donc au ministère de la Santé de préciser dans quelles conditions un projet d’audioprothèse itinérante porté par des professionnels installés dans les Alpes-de-Haute-Provence pourrait être examiné au titre de l’article 51, ainsi que le calendrier envisageable pour son instruction. Elle l’interpelle également sur l’hypothèse d’une adaptation du cadre légal, afin de sécuriser voire pérenniser ce mode d’exercice au-delà d’une simple expérimentation.
Début juillet, Fabrice Roussel, député de Loire-Atlantique (Socialistes et apparentés), avait lui aussi interrogé le ministère sur la possibilité de développer des « cabinets mobiles d’audioprothèse ». Un autre député, Jean-Michel Jacques (Morbihan, Ensemble pour la République), avait interrogé le gouvernement en juillet 2025 sur les possibilités d’intervention à domicile des audioprothésistes, en particulier auprès des personnes âgées, isolées ou en perte d’autonomie. Dans sa réponse publiée le 12 mai 2026, le gouvernement n’avait pas annoncé de modification de la réglementation sur le démarchage à domicile, mais avait affiché une certaine ouverture. Il indiquait rester « attentif aux initiatives mises en place pour améliorer l’accès aux soins dans la filière auditive, incluant l’aller-vers », tout en conditionnant ces évolutions à un renforcement des principes déontologiques de la profession.


