August 9, 2022

 

A l’occasion des EPU 2015, qui se sont déroulés les 4 et 5 décembre à Paris, le Syndicat national des audioprothésistes (Unsaf) et le Collège national des audioprothésistes (CNA) ont fait le bilan de l’actualité professionnelle de cette année et présenté les défis à venir.

 

L’année 2015 a été particulièrement chargée pour les organisations professionnelles du secteur de l’audition. Côté complémentaires santé, celles-ci sont parvenues à infléchir la Charte Qualité de l’appel d’offres Kalivia, ce qui montre que, en expliquant aux réseaux de soins les réalités du métier, « les choses avancent. Je ne désespère pas que la prochaine version de leur charte sera encore meilleure », se réjoui Luis Godinho, président de l’Unsaf. Le deuxième semestre a quant à lui été marqué par la publication d’une fiche élaborée avec le SNORL (Syndicat national des médecins spécialisés en ORL et CCF), informant le corps médical et les patients des enjeux du déficit auditif, mais aussi par la publication de l’étude de l’UFC-Que Choisir, fustigeant la « scandaleuse rente des audioprothésistes », à laquelle l’Unsaf a immédiatement répondu, démontant, point par point et chiffres à l’appui, les accusations de l’association de consommateurs. L’année se termine cependant sur un événement plus que positif, à savoir la publication de l’étude Inserm montrant que le port d’aides auditives évite le sur-déclin cognitif, qui a donné lieu à une conférence de presse et à de nombreuses retombées médiatiques. « Cette étude montre que notre activité est dans le champ de la santé. Enfin, les médias parlent de l’appareillage qu’on connaît, qui aide les patients », souligne Luis Godinho.

 

En finir avec les contre-vérités et obtenir une meilleure prise en charge

Et maintenant ? « Nous sommes à la croisée des chemins : l’efficacité des aides auditives s’améliore constamment, le bouche-à-oreille nous est favorable, la bataille de l’esthétique est gagnée et de plus en plus de personnes ont besoin d’un appareillage. Nous avons désormais à finir de sortir du champ de la consommation », liste avec optimisme le président du syndicat. Le CNA et l’Unsaf se montrent bien décidés à en finir avec « l’audio-bashing » de ces dernières années : « on va très prochainement publier des données sourcées, sérieuses, pour continuer à montrer que tout ce qui se dit est faux. » L’Unsaf plaide pour « l’audio pride » : « il faut retrouver un peu de fierté et en finir avec les contre-vérités. Notre métier est opérateur-dépendant, nos prix sont dans la moyenne basse européenne, la satisfaction des patients français est meilleure que dans les pays voisins et le taux d’équipement équivaut à celui de l’Allemagne. Tous ces éléments doivent devenir des évidences, y compris pour les médias », déclarent les organisations professionnelles, en répétant que le principal problème demeure le faible remboursement de la Sécurité sociale et des Ocam et ne désespérant pas d’obtenir des avancées sur ce point. « Nous savons désormais que la survie intellectuelle de nos aînés dépend de l’appareil auditif : nous voulons donc discuter avec les pouvoirs publics pour proposer une prise en charge supplémentaire », insiste Eric Bizaguet, président d’honneur du CNA. « Avec 100 millions d’euros, on pourrait diviser le reste à charge par deux », assurent l’Unsaf et le Collège, qui continueront donc d’initier des études sur le coût du non-appareillage et de sensibiliser l’opinion à l’impact positif des aides auditives, que ce soit sur le déclin cognitif, le risque de chute ou encore la consommation de médicaments chez les séniors.

Dans ce contexte, le syndicat regrette que 2 300 audioprothésistes n’adhèrent toujours pas à sa structure. « Pour pouvoir continuer à défendre notre profession, nous avons besoin de moyens pour divers frais : attachée de presse, conseils juridiques, abonnements aux sources d’information spécialisées, commande d’études… C’est aujourd’hui que se joue notre avenir. Rejoignez-nous et invitez vos confrères à en faire autant », déclare Luis Godinho.

 

 

Photo : Luis Godinho (président de l’Unsaf), avec Stéphane Laurent (président du CNA) et Eric Bizaguet (président d’honneur du CNA), le 4 décembre dernier lors des EPU 2015.