Le SDA refuse le transfert de la prise en charge des aides auditives aux Ocam seuls

Publié le 06/10/2026

Le Syndicat des audioprothésistes s’est livré à un travail d’analyse approfondie des 3 rapports publiés en septembre sur l’articulation AMO-AMC. Il en a tiré un argumentaire en défaveur d’un « décroisement », qui confierait la prise en charge des aides auditives entièrement aux complémentaires santé.

Les 3 documents examinés par le SDA sont le rapport de la mission sur l’articulation AMO-AMC (notre article ici), le chiffrage des hypothèses qu’il formule, et le rapport d’information de la mission d’évaluation et de contrôle des lois de financement de la Sécurité sociale (MECSS) de l’Assemblée nationale (notre article ici). Le premier préconise de faire reposer le financement des équipements optiques et d’audioprothèse exclusivement sur les complémentaires santé.

En réponse, le SDA revient sur la raison d’être du 100 % santé, notamment pour lutter contre le renoncement aux soins très élevé en audiologie. Il souligne la baisse du reste à charge pour les malentendants appareillés (de 63 % en 2010 à 27,5 % en 2025) pour une augmentation mesurée du poids de l’audiologie dans les dépenses des complémentaires santé : 2,4 %, à la suite d’une progression de 4 %. Pour le syndicat, un transfert total aux Ocam reviendrait à faire peser des coûts beaucoup plus importants sur les plus âgés, via l’augmentation des primes… Et sans garantie qu’il en résulte une meilleure régulation des dépenses. L’organisation professionnelle ajoute que le financement de l’audioprothèse correspond à la définition d’une action de prévention, telle que posée par le récent rapport du député Cyrille Isaac-Sibille (notre article à ce sujet est à retrouver ici). Exclure l’audiologie d’une prise en charge par la Sécurité sociale exposerait les patients, selon le SDA, à une perte de chance.

« Aucune modification du périmètre de prise en charge ne doit intervenir sans évaluation médico-économique préalable et indépendante. Transférer l’audioprothèse ne ferait que déplacer une dépense ; la réguler, c’est en démultiplier le rendement sanitaire et économique. »

En alternative au transfert du financement de l’audioprothèse aux Ocam, le SDA milite toujours pour une plus grande régulation, à commencer par l’encadrement de la publicité, mais aussi : « À moyen terme, la convention nationale avec l’Assurance maladie doit évoluer : enquêtes de satisfaction, invitation opposable à un suivi au moins biannuel, remboursement lié à l’audioprothésiste, régulation de l’installation, coordination antifraude avec les complémentaires ». Il prône enfin l’adoption de règles de bonnes pratiques.

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