November 17, 2019

Par le biais de ses concerts pédagogiques Peace&Lobe, l’association Agi-Son (Agir pour une bonne gestion sonore) a pu réaliser une enquête de grande ampleur – plus de 8 000 jeunes interrogés – sur les pratiques des adolescents en matière d’écoute de musique et de santé auditive.

Ce baromètre 2019*, réalisé avec SoCo Études, dépeint de façon précise les pratiques des jeunes en matière d’écoute musicale : lieux, goûts, supports, fréquence… A grands traits, les ados d’aujourd’hui écoutent beaucoup de musique sur leur smartphone, beaucoup au casque ou avec des écouteurs (plus de 8 jeunes sur 10) et pour part à des volumes problématiques. Une majorité le font plus de 2 heures par jour. Et si presque la moitié d’entre eux restent à un volume modéré, moins de 60 % du maximum, 27,8 % optent pour un volume plutôt fort et 23,3 % très fort (plus de 80 % du volume maximal). L’évolution des réponses données à ce sujet paraît inquiétante : la proportion de ceux disant écouter à des volumes très élevés est passée de 17,4 % à 23,3 % en 1 an.

Plus de 35 % des 12-18 ans ont déjà ressenti un trouble auditif

 

Plus d’un jeune sur trois (contre 32,4 % l’an dernier) a déjà souffert d’un trouble auditif : acouphène (82,7 %), maux de tête (59,2 %) et impression de moins bien entendre (58,5 %). D’autres symptômes sont plus rares, mais néanmoins mentionnés par les adolescents, comme des vertiges ou des palpitations. Ces troubles sont survenus pour 62,4 % lors d’écoute sur smartphone ou iPod, pour 39 % lors d’une soirée entre amis, et pour autour de 29 % dans des petites salles de concert ou des festivals. Cependant, une minorité (48,8 %) de jeunes touchés par ces troubles auditifs en ont parlé à quelqu’un et prioritairement à leur famille ou leurs amis, moins de 10 % ayant abordé le sujet soit avec leur médecin, soit avec un ORL ou à l’infirmerie de leur établissement.

Quant aux adolescents qui ont assisté à un concert de prévention Peace&Lobe, ils ont retenus certains messages importants, dans l’ordre : « Pour écouter plus longtemps, j’écoute moins fort », « J’ai conscience que les lésions auditives sont irréversibles », « Je suis attentif aux réactions de mes oreilles (douleurs, sifflements, etc.) ». Des principes de précautions qui méritent d’être encore martelés compte tenu des pratiques actuelles des jeunes…

Quelques clés sur les pratiques musicales des jeunes

  • Smartphone (88,4 %), ordinateur et télévision (48 % chacun environ) sont les supports les plus utilisés pour écouter de la musique
  • Près de 7 jeunes sur 10 écoutent de la musique en ligne quotidiennement, 9 sur 10 sur YouTube
  • Hip Hop et rap sont les styles préférés des jeunes, loin devant la pop et la chanson
  • 1 jeune sur 2 fait attention à la qualité sonore, 1 sur 4 systématiquement
  • 1 jeune sur 3 écoute de la musique plus de 3 heures par jour
  • 87,4 % utilisent des écouteurs ou un casque ; 73,5% des écouteurs, 39,2 % des casques
  • 1 tiers des jeunes écoute plus de 2 heures de musique par jour au casque
  • Plus de 1 jeune sur 2 s’endort en musique (dont 65,2 % au casque), 1 sur 4 régulièrement

 

* Le questionnaire de 110 items élaboré par le Comité de pilotage d’AGI-SON réunissant des professionnel·les de la santé, de l’éducation et de la culture a été soumis à 8599 collégien·nes et lycéen·nes de 12 à 18 ans, au cours de l’année scolaire 2018-2019 après un concert Peace&Lobe ; données de l’échantillon pondérées pour être représentatives de l’ensemble des jeunes de cette tranche d’âge. Récolte et analyse ont été confiées à SoCo Études.